Propriétaire d'une résidence secondaire sur la côte atlantique ? Attention en 2023 nouvelles surtaxes en perspective

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De nombreuses cités balnéaires ont obtenu le feu vert de l'Etat pour majorer de 5 à 60% les taxes d'habitation des résidences secondaires. Jusqu'ici seules les communes de plus de 50 000 habitants étaient autorisées à l'appliquer. Désormais toutes celles classées "stations de tourisme" à forte pression immobilière sont concernées.

Laurent Peyrondet, le maire de Lacanau en Gironde, ne cache pas qu'il voit dans cette mesure un bon moyen de récupérer des fonds pour faire face à des recettes toujours plus basses et des charges toujours plus lourdes.

Lacanau, l'exemple parfait

Sa commune compte 73% de résidences secondaires avec 6000 habitants à l'année et 100 000 en été. Les prix de l'immobilier ici s'envolent. La cité balnéaire girondine coche tous les critères pour prétendre à cette augmentation de la taxe d'habitation des logements non occupés en résidence principale.

"Avec cet argent, nous allons faire du bail solidaire, de l'accession à la propriété, du bail locatif à destination des Canaulais" explique l'élu qui assure que 180 de ces logements  seront construits. 

On doit pouvoir loger les personnes qui vivent et travaillent ici toute l'année

Laurent Peyrondet - maire de Lacanau

à France 3 Aquitaine

Les employés des commerçants, des artisans et des entreprises si on veut offrir une ville de tous les services".

Locations en hiver mais rien en été

Car il est aujourd'hui bien difficile de trouver un toit à Lacanau avec un revenu modeste, voire moyen. "Le souci, c'est qu'on peut louer de septembre à mai, et après, il faut dégager" témoigne une boulangère. 

Elle-même et son époux ont réussi à acheter un terrain en 2019. "On l'a eu à 130 000 euros, et là, deux ans et demi après, il en vaut déjà 210 000. Un terrain de 500 mètres carrés ! C'est juste exorbitant !

"Nous, on fait construire, mais sur un terrain familial" renchérit une cliente. "Si on ne l'avait pas eu, cela aurait été impossible. En attendant, on vit chez ma mère".

Réactions mitigées des propriétaires

Outre la construction de logements sociaux, Laurent Peyrondet compte utiliser les fonds pour le réaménagement du front de mer, menacé par l'érosion. "On veut aussi développer des voies alternatives à la voiture pour encourager les déplacements sécurisés à vélo ou à pied". 

"On accepte, on n'a pas le choix" réagit un propriétaire concerné par la surtaxe qui précise qu'il veut voir la commune justifier les dépenses. 

Si l'argent sert à embellir la ville, alors là oui, je suis d'accord

un propriétaire de résidence secondaire à Lacanau

à France 3 Aquitaine

Même réaction d'un groupe d'amies ayant chacune acquise un bien à Lacanau. "Ça dépend à quoi va servir l'argent. Si c'est pour améliorer les infrastructures, ça peut être bien" dit l'une. "Je peux comprendre si on m'explique" ajoute une autre, "si je vois les résultats sur la ville, l'environnement et sur la facilité de vie, ça peut être compréhensible".

D'autres sont un peu plus inquiets comme ce jeune couple croisé sur le front de mer avec de jeunes enfants. "On comprend, il faut participer au développement de la ville. Mais on a aussi besoin de pouvoir entretenir notre résidence secondaire. J'espère que l'augmentation sera raisonnable" s'inquiète la maman.

Surtaxe entre 5 et 60% à décider par chaque commune

Le montant de la surtaxe devra être décidé d'ici à la fin février. Ce sera un pourcentage compris entre 5 et 60% de la taxe actuelle. 

A l'origine, elle avait été instaurée en 2014 pour les communes de plus de 50 000 habitants situées en zone tendue. Elle est pour l'heure appliquée dans 36 cités de Nouvelle-Aquitaine dont 8 en Gironde et 21 dans les Pyrénées-Atlantiques. Biarritz, St-Jean-de-Luz, Ustaritz, Guéthary et Bidart ont décidé d'exiger le maximum, 60%. 50% pour Bordeaux. Et entre 20 et 40% dans les autres communes. Le montant moyen avoisine les 250 euros par logement.

Demain, plusieurs centaines de nouvelles municipalités pourront voter cette surtaxe. La liste sera publiée par décret dans les prochaines semaines.  

Les amendements, retenus dans la loi de finances 2023, stipulent que cette "majoration de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires" pourra être étendue "aux communes classées station de tourisme", à "fortes capacités d’hébergement touristique" dans l'objectif de maintenir les populations locales là où il "existe un déséquilibre marqué entre l'offre et la demande de logements".

En Nouvelle-Aquitaine, l'ensemble des cités balnéaires de la côte atlantique pourraient être concernées.

Voir le reportage de Candice Olivari et Clémence Rouhere :

durée de la vidéo : 00h01mn54s
De nombreuses cités balnéaires ont obtenu le feu vert de l'Etat pour majorer de 5 à 60% les taxes d'habitation des résidences secondaires. Jusqu'ici seules les communes de plus de 50 000 habitants étaient autorisées à l'appliquer. Désormais toutes celles classées "stations de tourisme" à forte pression immobilière sont concernées. Exemple à Lacanau en Gironde ©C. Olivari - C. Rouhere
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