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Qui se trouve derrière le succès de Wanted Community Bordeaux?

Luc Jaubert, Christian Delachet et Jérémie Ballarin, co-fondateurs de Wanted Community / © MK / France 3 Aquitaine
Luc Jaubert, Christian Delachet et Jérémie Ballarin, co-fondateurs de Wanted Community / © MK / France 3 Aquitaine

Depuis trois ans, le groupe Wanted Community Bordeaux connait un succès grandissant sur Facebook. Cette communauté d'entraide entre Bordelais va bientôt atteindre les 100 000 membres. Rencontre avec ses trois fondateurs, Luc, Christian et Jérémie.

Par Maïté Koda

Il y a ceux qui ont perdu leur chat,  qui recherchent un appartement, un médecin ou un logement. Ceux qui sont en demande de conseils déco,  qui s'interrogent sur les voyants de leur tableau de bord ou se demandent pourquoi les pompiers sont stationnés en bas de la rue.
 
Depuis trois ans, ces internautes, de la métropole bordelaise ou des environs, ont un lieu pour échanger, débattre et créer des liens : la page Wanted Community Bordeaux sur Facebook.
  

Communauté d'entraide

Plus de 92 000 membres ( le nombre est en augmentation constante ) font partie de ce groupe, créé en 2014. Plus qu'un simple site d'annonces, le lieu se veut une "communauté d'entraide". Difficile aujourd'hui pour les jeunes Bordelais ( la moyenne d'âge est comprise entre 18 et 35 ans ) de le contourner.
 
Le groupe est calqué sur son grand frère parisien, Wanted community Paris, fort de 366 000 membres. Derrière ces succès, à Paris, comme à Bordeaux, se cachent trois Bordelais :  Luc Jaubert, qui a lancé le groupe Wanted community Paris en 2011, rejoint rapidement par Christian Delachet et Jérémie Ballarin.

 

"Il n'y avait aucun projet derrière"

Luc Jaubert a vécu à Paris avant de revenir vivre dans le sud-ouest.  "J'ai pu voir, sur les réseaux sociaux, de nombreux Bordelais qui arrivaient à Paris.  Comme moi quelques années auparavant,  ils étaient perdus et en recherche d'informations et de bons plans.

C'est à ce moment que j'ai lancé Wanted Community Paris, se souvient-il. A la base, je pensais ce groupe comme un réseau d'entraide pour les nouveaux arrivants, il n'y avait aucun projet derrière".
 


Les premiers temps sont faits de bricolages. Luc invite tous ses amis et son réseau, les incite à poster des messages pour faire vivre le groupe. La sauce prend progressivement. De quelques centaines, le groupe s'étoffe, pour atteindre plusieurs centaines de milliers de membres, nouveaux arrivants, Parisiens de passage ou installés de longue date.
 
Le schéma se reproduit Bordeaux : les dizaines de milliers de "Wantediens" habitués à se retrouver sur le groupe ne viennent pas tous de débarquer dans la métropole.

Les questions et débats sur les problématiques du quotidien concernent aussi les gens qui sont nés ici.

 

Générateur de belles histoires

Ce forum amélioré, c'est également l'occasion de voir apparaître de belles histoires. En octobre, une internaute poste un message en demandant de l'aide pour un homme sans domicile fixe. Son post, posté à la fois sur Wanted et sur son profil personnel devient viral. Le SDF, peintre de formation, trouve un domicile et un emploi en 48 heures.
 


Quelques jours plus tard,  une autre internaute, domiciliée aux Bassins à Flot s'inquiète. Depuis cinq jours, son chat était coincé sous une dalle de béton, dans un parking souterrain. Les pompiers sont impuissants. Son message a été partagé des milliers de fois. Parmi les propositions d'aides : des professionnels du bâtiment, qui viendront percer la dalle et libérer l'animal.

Voir la vidéo devenue virale sur Facebook
 

 

"Ces belles histoires, relayées par la presse ne sont que la partie visible de l'iceberg, assure Jérémie Ballarin.   Des posts qui permettent à des membres de trouver un emploi, une information sur une démarche à accomplir ou juste une bonne adresse, on en a tous les jours".

 

Wanted n'est qu'un haut-parleur. Pour ce qui concerne l'histoire de Josef, l'ancien SDF, c'est l'internaute, Pascale, qui a accompli la démarche. Le groupe a juste permis à son message d'obtenir plus d'écho.

Plus un message est bien tourné, poli, positif et si possible humoristique, plus il a des chances d'obtenir des réactions

 

Une soixantaine de bénévoles

 
Mais même les meilleures intentions du monde dépendent tout de même du bon vouloir de Facebook. C'est le réseau social qui choisit ou non d'augmenter la visibilité d'un poste et de le faire apparaître, ou non, en bonne place dans le fil d'actualité des membres du groupe. 
 
 
Christian Delachet tient les comptes.


Chaque jour, environ 800 posts sont publiés sur Wanted Community Bordeaux, 4 500 commentaires et 10 000 likes.

 
Pour gérer ce flux, une soixantaine de bénévoles sont à pied-d'œuvre. Car il y a des règles : le groupe est privé et l'accès ne se fait qu'après avoir répondu à quelques questions et une validation du profil par l'équipe. La publicité y est interdite, ainsi que les enchères, les propos insultants ou discriminatoires et propositions illégales.

Leurs valeurs, qu'ils rappellent à plusieurs reprises : entraide, solidarité et respect.  En gros : on peut chambrer les Parisiens qui arrivent, mais il faut rester poli.


 
Christian Delachet nous parle de Wanted Community


 

Boutique solidaire

Malgré le succès du groupe, ses co-fondateurs n'en tirent pour l'instant aucun revenu. Jérémie Ballarin opère déjà dans la communication digitale, Christian Delachet, ancien avocat actuellement sans emploi se consacre à plein temps au projet, quant à Luc Jaubert, il travaille dans la restauration.


On a beaucoup de propositions de personnes qui veulent faire de la pub sur notre groupe, mais cela ne nous intéresse pas.

Bien sûr qu'on aimerait gagner notre vie avec Wanted, mais on voudrait un projet fidèle à nos valeurs



Le trio vient de créer une boutique en ligne solidaire, un "Wanted community shop",  et propose T-shirts, casquettes et pull en coton bio, à des prix oscillants entre 12 et 30 euros. 100% des bénéfices seront reversés à We Forest, une association active dans la reforestation.

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