Trafic record de cocaïne jugé à Bordeaux : la place des policiers infiltrés dans le réseau au cœur des débats

Un trafic de cocaïne entre la Colombie et la France est jugé à Bordeaux. Au coeur des positions de la défense, la participation auprès des trafiquants d'agents infiltrés par les services spécialisés de lutte contre la drogue américain et français. Ce convoyage aurait-il été réalisé sans eux ? 
 

La drogue, près d'une tonne, transportée dans des valises le 30 novembre.
La drogue, près d'une tonne, transportée dans des valises le 30 novembre. © JIRS
Age, insertion sociale, parcours de vie. Certains des prévenus présents dans le box sont atypiques. Ils ont 40 ans, issus d'Amérique du sud, certains appartenaient à des milieux plutôt aisés, profil plutôt chefs d'entreprise, et se retrouvent convoyeurs de drogue. Comment sont-ils arrivés dans le box des prévenus, 11 au total, qui comparaissent pour un trafic de drogue important entre Carthagène et Bayonne via l'aéroport de Biarritz ? 
Au coeur du dispositif et du trafic, qui représente pour le deuxième convoyage près d'une tonne de cocaïne, les avocats de la défense mettent en avant l'intervention d'agents infiltrés appartenant aux services anti-drogue américains et français.
   

Le rôle des policiers en question

Le dossier établit la fourniture d'une aide logistique importante. Un avion privé et une villa à Biarritz ont été mis à disposition pour permettre l'opération par ces hommes issus des administrations. L'objectif est de démanteler le réseau. Des méthodes atypiques qui interrogent les avocats de la défense. "Il y a une question fondamentale qui est celle de savoir si toute cette drogue serait arrivée sur notre territoire, et une partie de celle-ci serait arrivée en Europe sans l'intervention active et combinées de la DEA américaine et de l'OCTRIS (Ndlr : l'Office anti-stupéfiants côté français)"
 

On peut s’interroger sur le fait de savoir si des agents infiltrés ont pour mission de charger des camions de cocaïne en Colombie pour les décharger en France, de louer des entrepôts pour le compte des trafiquants et la cocaïne.  Tout ce transport, il a été fait par des agents infiltrés et ça pose une vraie difficulté car peut être que mon client et ceux qui l'accompagnent aujourd'hui n'auraient jamais comparu devant un tribunal s'ils n'avaient pas proposé ce service logistique super privilégié.

Hubert Hazera - avocat de la défense -

Un contexte donc très particulier qui va être largement mis en avant par les avocats, posant aussi la question du premier convoyage réalisé, pour tester le dispositif, avec 113 kilos, partis dans la nature sur le territoire européen. 
 
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