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Quatre hommes poursuivis pour enlèvement et séquestration devant la cour d'assises de Bordeaux

Les trois hommes sont poursuivis devant la cour d'assises de Bordeaux / © MaxPPP - Leon Tanguy
Les trois hommes sont poursuivis devant la cour d'assises de Bordeaux / © MaxPPP - Leon Tanguy

La cour d'assises de Bordeaux juge à partir de lundi trois hommes au très lourd passé judiciaire, soupçonnés d'avoir enlevé et séquestré en Espagne pendant sept semaines un riche Toulousain, ainsi qu'un quatrième pour recel.
 

Par MK avec AFP

Les trois hommes sont poursuivis pour arrestation, enlèvement, séquestration et blanchiment aggravé de Christian Bec, aujourd'hui âgé de 61 ans. Le frère de la tête pensante du groupe, placé sous contrôle judiciaire, comparaît pour recel de pièces d'or "provenant d'une extorsion en bande organisée". 
Deux autres ont également été impliqués dans cette affaire, mais l'un est décédé, l'autre a bénéficié d'un non lieu. 
 

Piégé puis séquestré

Tout débute par un simple rendez-vous pris en avril 2015 via le site internet Le bon coin. Christian Bec, agriculteur céréalier et marchand de biens, rencontre le 22 mai un potentiel acheteur d'un terrain à Escalquens, près de Toulouse. Mais une fois entré dans la ferme, des hommes encagoulés et armés l'enlèvent. Après avoir passé deux nuits en ce lieu et à son domicile, il est emmené jusqu'à son appartement en Espagne, à Playa de Aro, entre Barcelone et la frontière française

S'ensuit un périple de sept semaines, principalement en Catalogne, qui prend fin sur la Costa del Sol (sud) le 10 juillet.
 

Transactions bancaires et achats de lingots d'or

L'homme d'affaires est contraint par ses ravisseurs, dont il ne voit jamais le visage, d'ouvrir plusieurs comptes en banque à l'étranger, de réaliser des transactions bancaires avec l'achat de pièces et lingots d'or provenant de Belgique. Durant ces sept semaines de séquestration, il communique, notamment avec sa compagne, par SMS pour ne pas susciter d'inquiétude. Christian Bec ne subit pas de violences physiques mais vit dans des conditions difficiles. Outre les menaces de mort, il est ligoté dans le coffre de sa voiture, entravé, encagoulé et attaché à un lit.

Une fois libéré, il rentre chez lui mais son calvaire continue car ses ravisseurs maintiennent la pression et les menaces, lui donnant des ordres pour continuer les virements : il doit verser jusqu'au mois d'octobre 2 millions d'euros. Mais au bout d'une semaine, l'ancien otage se reprend et cesse ses versements après avoir tout révélé à sa compagne. 
 

Syndrôme de Stockholm

Souffrant de stress post-traumatique et d'un début de syndrome de Stockholm, il refuse dans un premier temps de porter plainte pour ne pas "trahir" ses ravisseurs et par peur des représailles, selon les enquêteurs. "J'ai subi des menaces sur les membres de ma famille et moi-même si je n'obtempérais pas. J'ai subi un contrôle permanent par téléphone. En tout cas, ils m'avaient fait croire qu'ils pouvaient contrôler toutes mes conversations téléphoniques et informatiques et que j'étais physiquement surveillé", confie-t-il lors de l'enquête.
 

Cinq arrestations

Les cinq hommes sont finalement arrêtés en France et en Espagne le 5 septembre 2015 et mis en examen, tout comme le frère de l'organisateur, poursuivi pour recel. L'un des ravisseurs s'est suicidé en prison, disant dans un courrier ne plus pouvoir "se regarder en face", et un autre complice, simplement poursuivi pour avoir participé à une association de malfaiteurs, a bénéficié d'un non lieu
 

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