VIDÉO. Impuissants face aux incendies de 2022, ils décident d'acheter leur propre camion de pompiers

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Maxime et Benjamin ont décidé d'acheter un camion de pompiers pour venir en aide aux hommes du feu et aux habitants de la commune. ©France 3 Aquitaine

Benjamin Fourton et Maxime Bougrier ont réalisé leur rêve d’enfant. Ils possèdent désormais un véritable camion de pompiers. Mais pas question d’en faire un jouet : les deux Girondins veulent prêter main forte en cas d’incendie.

Il trône fièrement au milieu du hangar de Maxime Bougrier, un habitant du sud Gironde. La peinture vient d’être posée. Ce camion de pompiers sera donc jaune melon, “pour se différencier des pompiers en rouge et de la sécurité civile en jaune”. 

Entre les deux feux

L’engin a été acheté il y a quelques mois par Maxime et son ami, Benjamin Fourton. Tout deux habitent à Lugos, une commune de 995 habitants située entre Belin-Béliet et Sanguinet. L’été dernier, elle était prise, littéralement, entre deux feux : ceux de Landiras et de la Teste-de-Buch, qui ont détruit plus de 30 000 hectares en 2022. 

Dans les têtes de Maxime et Benjamin, les souvenirs sont encore vifs… qu’ils se remémorent à coup de vidéos. “Là, c'était à Landiras 2, à côté des ruches de Ludo”, raconte Maxime Bougrier, l’écran de son téléphone faisant tourner une vidéo de son intervention. Car pour les deux hommes, le secours et les incendies ne sont pas inconnus. Depuis respectivement dix et sept ans, Benjamin et Maxime font partie de la réserve de sécurité civile de leur commune. Leur mission : venir en aide aux pompiers, lorsque le besoin se fait sentir.

Ça peut être des missions de surveillance, pour, soit libérer les pompiers, soit rester vigilant les jours suivants.

Maxime Bougrier,

habitant de Lugos

Mais l’été dernier, les pompiers étaient débordés. Leur maison est entourée de la forêt et un sentiment d’impuissance les envahit. “Il y avait de la fumée partout, de la cendre sur les voitures, l’odeur de brûlé. C’était impressionnant”, explique Maxime.

Rêve d'enfant

Les dernières fumerolles éteintes, les deux hommes se lancent un défi : acquérir leur propre camion de pompier “pour aider mieux qu’avec un arrosoir”, sourit Benjamin et "accomplir un rêve de petit garçon", aussi. “S’il y a un conducteur qui jette un mégot et qu’il y a des petites flammes, on peut commencer à arroser”, illustre Maxime.

Il faut alors chercher, sur leboncoin d’abord. “C’était hors de prix”, regrette Benjamin Fourton. Ils tombent alors par hasard sur celui qui va devenir leur futur camion. Le prix, resté confidentiel, est "raisonnable". Ils l’embarquent, direction le hangar de Maxime.

900 heures d'utilisation

Le camion de pompiers a 40 ans, 20 000 km au compteur et plus de 900 heures de fonctionnement. “C’est surtout qu’il ne démarrait pas. On a démonté la pompe à injection, on l’a réparée. On a démonté les injecteurs grippés”, raconte Benjamin Fourton. Des travaux de mécanique, de carrosserie, de nettoyage sont aussi nécessaires pour redonner ses couleurs à l’engin. 

Il faut encore qu’on colle les étiquettes 90 et qu’on passe les mines. Dès que ce sera fait, on sera opérationnels.

Benjamin Fourton,

habitant de Lugos

Engagés, mais pas super-héros pour autant. La lance à incendie en main, Maxime refuse d’être comparé à un pompier. “Nous, nous ne sommes que bénévoles au sein de la réserve de sécurité civile. Les pompiers sont en première ligne, c’est leur métier”, détaille le trentenaire.

Même en seconde ligne, les deux habitants de Lugos ont déjà fait passer le mot : en cas de besoin de renfort, ils débarqueront avec leur camion, pour porter secours aux habitants de la commune et soutenir les pompiers dans leurs actions.

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