Chloroquine : pourquoi l'Agence régionale de santé alerte sur ses dangers

L'ARS de Nouvelle Aquitaine signale plusieurs intoxications à l’hydroxychloroquine.
Ce dérivé de la chloroquine, au coeur d'une polémique nationale, a été pris par des patients qui présentaient des symptômes du Covid-19.
Une prise en automédication.
Certains sont en réanimation. 

© France Télévisions / Nicolas Corbard
Au moins dix patients de Nouvelle Aquitaine selon l'ARS ont été hospitalisés en réanimation après la prise en automédication de Plaquenil® (hydroxychloroquine) face à des symptômes évocateurs du Covid-19.

L'Agence régionale de santé tire la sonnette d'alarme dans un communiqué dimanche 29 mars.
Ces patients souffrent d'une grave toxicité cardiaque.

Tous ont pris ce médicament de leur propre initiative, sans avis médical, alors que les précautions d'emplois et les effets indésirables sont nombreux (lire la liste des précautions d'emplois et effets indésirables).

Face à ce constat, l’ARS Nouvelle-Aquitaine alerte sur les dangers de l’hydroxychloroquine qui ne doit en aucun cas être prise en automédication.
   

Quels sont les dangers d'une automédication ?

La chloroquine est utilisée depuis 70 ans, principalement dans le traitement préventif et curatif du paludisme.
Son dérivé, l'hydroxychloroquine (Plaquénil), est notamment prescrit pour traiter des lupus.

Mais l’hydroxychloroquine est une molécule qui peut provoquer des troubles du rythme cardiaque graves pouvant être fatals.
Elle est indiquée aux personnes souffrant de lupus, de polyarthrite rhumatoïde ou encore, à titre préventif, pour les allergies au soleil (lucite), sur prescription médicale obligatoire uniquement.

Ce risque est majoré lorsque la prise de l'hydroxychloroquine est associée à d’autres médicaments (ex : neuroleptiques, antidépresseurs, diurétiques, anti-arythmiques, macrolides dont l’azithromycine…) ou si le patient souffre d’une baisse de potassium dans le sang détaille l'Agence régionale de santé.
 

 

Quelles recommandations thérapeutiques ?


Depuis le 22 mars, des essais thérapeutiques sont lancés dans plusieurs pays européens (dont la France) sur quatre traitements expérimentaux du Covid-19, dont un à base de chloroquine.
Dans l'attente des conclusions (dans un délai de 15 jours espère le ministre de la Santé) le réseau des centres régionaux de pharmacovigilance précise :

En l’état des connaissances actuelles, considérant les risques encourus pour des bénéfices cliniques inconnus, l’hydroxychloroquine et la chloroquine ne doivent pas être utilisées dans la prise en charge des infections à coronavirus SARS-CoV-2, en dehors d’essais cliniques ou de prises en charge spécialisées.


La communauté scientifique reste partagée sur la prescription de l'hydroxychloroquine contre le COVID-19. 
Mais les doutes ne sont plus permis selon le professeur Didier Raoult qui dirige l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Marseille.
 
Vendredi 27 mars, son équipe a publié les conclusions de sa deuxième étude sur le traitement à base de chloroquine.

Sur 80 patients (dont une majorité avait une forme bénigne de Covid-19), 93% ont été testés négatif huit jours après le début du traitement associant la chloroquine à un antibiotique.
Un patient est décédé, un autre est en soin intensif.
 https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-ce-que-l-on-sait-de-la-seconde-etude-du-professeur-raoult-qui-conclut-a-nouveau-que-la-chloroquine-est-efficace-contre-le-covid-19_3889183.html


 
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