Eugène Atget : pionnier de la photographie au 19e siècle, exposé à Libourne sa ville d'origine

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C'est une figure atypique et pionnière de la photographie. Au XIXe siècle, il a immortalisé Paris, ses habitants, ses petits métiers avec beaucoup de poésie. Ignoré de son temps, c'est une jeune Américaine qui a révélé son talent dans les années 20. Sa ville de naissance, Libourne en Gironde, lui rend un bel hommage en présentant des œuvres du Vieux Paris.

Quel témoignage aussi vivant du Vieux Paris aurions-nous sans ces photos réalisées minutieusement, au fil du temps, par celui qui allait devenir le pionnier de la photographie moderne ?

Nous n'en aurions probablement pas, surtout avec ce regard si humaniste. Car Eugène Atget n'a pas seulement réalisé un inventaire hors du commun comptant 10 000 images. Celui qui a grandi en Gironde témoigne d'un certain amour de Paris, à travers un témoignage et des photos touchantes. 

Il a aussi fixé ce petit peuple de Paris, celui qui faisait vivre la capitale. Ces petits métiers, telle la vendeuse de cresson ou la cardeuse de matelas sur les quais au tournant du siècle. Il les a rencontrés dans les quartiers de Paris, du centre, de la périphérie, jusqu'à la "zone", là où peu s'aventurait à l'époque. La zone quoi, au pied des fortifications, où là aussi, il porte son matériel photo et surtout son regard tendre.  

Il y a une poésie, une mélancolie, un lyrisme dans sa manière de choisir un angle de vue, un éclairage, c'est émouvant.

Caroline Fillon - directrice du musée des Beaux Arts de Libourne

Source : France 3 Aquitaine, rédaction Web

"C'est l'époque où les photographes gagnaient aussi leur vie en faisant des portraits de famille bourgeoise, aristocratique dans des décors de théâtre, justement en atelier. Lui prend le contrepied de ça et il donne des témoignages assez bruts de ces gens qui soit sont chassés de la capitale, suite aux grands travaux, ils n'ont plus les moyens de se loger, ou au contraire des gens qui veulent essayer de gagner la capitale, un peu comme un eldorado pendant l'exode rural et qui se retrouvent plutôt démunis. " ajoute Caroline Fillon qui a réalisé un riche travail autour du photographe libournais pour lui rendre ce bel hommage dans sa ville natale, à la chapelle du Carmel.

Voici le reportage réalisé à l'exposition " Eugène Atget, poète photographe" présentée à la chapelle du Carmel à Libourne jusqu'au 19 février 2023

C'est un artiste hors norme, dont le fonds photographique est un trésor. Il a inventorié au 19e siècle le Vieux Paris comme personne, laissant un témoignage humaniste d'une grande sensibilité. Il est exposé à Libourne, sa ville d'origine. C'est Romain Beniguel, Responsable du service des publics au Musée des Beaux Arts de Libourne, qui nous emmène à la découverte de ces œuvres présentées jusqu'au 19 février à la chapelle du Carmel de Libourne. ©France 3 Aquitaine

Un destin hors du commun

L'enfant de Libourne, né en 1857, élevé jusqu'à ses 20 ans à Bordeaux, dans le quartier Bastide chez ses grands-parents maternels, quittera la Gironde pour devenir comédien, du moins c'était son souhait. Mais non, ça ne prend pas.

Il sera finalement photographe autodidacte à partir de 1888. En 1897, il se met à immortaliser systématiquement le vieux Paris, attentif aux scènes de la vie urbaine. Durant une trentaine d'années, il arpente la capitale. Chargé de sa chambre photographique et de plaques de verre, il saisit souvent ses images au lever du jour.

Et c'est en observant ses photos que l'on mesure le changement, au tournant du 20e siècle. Ce temps qui passe. 

Reconnu à titre posthume

Discret toute sa vie, c’est à titre posthume qu’Eugène Atget accède à la notoriété.

À la fin de sa vie, il rencontre l’assistante de Man Ray, la jeune américaine Berenice Abbott, qui prendra deux portraits de lui. Eugène Atget meurt en 1927 à Paris, sans descendance. Il ne sera probablement jamais revenu dans sa Gironde natale. En tous cas, il n'y en a pas de traces. 

Berenice Abbott a permis le sauvetage du fonds d’atelier d’Eugène Atget, la reconnaissance de son travail par la publication de divers ouvrages puis l’entrée de la collection Abbott/Levy aux collections du Museum of Modern Art à New York en 1968.

La France le découvre dans les années 80/90, grâce à des publications et quelques expositions. Le Musée Carnavalet dans le Marais regroupe une très belle collection. C'est ce musée du Vieux Paris qui a d'ailleurs prêté les œuvres présentes à Libourne jusqu'au 19 février, pour cette balade dans le temps exceptionnelle et touchante. 

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