Bellac : la destruction des nids de corbeaux interdite

Le Tribunal Administratif de Limoges a suspendu ce jeudi 4 juin les arrêtés préfectoraux autorisant la destruction à tirs des nids de corvidés envahissant la commune de Bellac (Haute-Vienne).
 

© Alexis Sciard - IP3 PRESS/MAXPPP

Dans une salle d’audience presque vide, le Tribunal Administratif de Limoges a décidé ce jeudi 4 juin de donner raison aux associations de protection de la vie sauvage dans leur litige avec la commune de Bellac.

 

 

Pour lutter contre la prolifération des corbeaux freux, corneilles noires et autres corvidés cette commune du Nord de la Haute Vienne a recours depuis quelques années à une méthode plutôt radicale : la destruction par tir.

 

Erreur d’interprétation

 

Cette pratique est autorisée par plusieurs arrêtés pris par la préfecture de Haute Vienne depuis 2018. Des actes que le tribunal administratif de Limoges a décidé de suspendre. Le rapporteur public explique qu’il y a eu une erreur d’interprétation de la part de la préfecture.

 

 

La juridiction estime que la ville de Bellac ne disposait pas d’assez de preuves pour justifier que ces oiseaux étaient à l’origine de nuisances ou d’insalubrité dans la commune.

 

Une victoire pour les associations

 

Cette suspension vient récompenser les habitants et les associations qui se sont mobilisées pour sauver les corvidés. Une pétition avait été mis en place dès 2018. En une demi-journée, 80 personnes avaient déjà apporté leur soutien à la cause.

Deux ans plus tard, c’est une réussite pour Nicole Chauviré, habitante de la commune à l’origine du mouvement.

 

Pour nous c’est une victoire enfin. Je préfère écouter le bruit des oiseaux que le bruit des voitures et des motos. 

 

A quelques centaines de kilomètres de là, au siège de l’Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS) dans la Drôme, on retrouve le même sentiment. L'organisation qui œuvre au niveau national s’est rapidement engagée auprès des Bellachons .

Ils espèrent que cette petite victoire fera changer les pratiques à une échelle plus large, nous explique Richard Holding, le responsable communication.

 

On ne pourra pas ramener les oiseaux tués à la vie mais j’espère que cette décision va faire jurisprudence et que ça va inciter les préfets à réfléchir à deux fois avant de prendre de tels arrêtés. 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
animaux nature environnement justice société
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter