Agressions sexuelles sur des jeunes filles : quatre ans de prison, dont un an ferme, requis contre un interne en médecine

Le tribunal correctionnel de Tours a jugé ce vendredi 23 février un étudiant en médecine de 26 ans, Nicolas W., pour agressions sexuelles. Le procureur de la république a requis quatre ans de prison, dont trois ans avec sursis. A l'époque des faits, entre 2017 et 2020, il fréquentait la faculté de médecine de Tours. Il a depuis été autorisé à poursuivre ses études à Limoges.

C’est une affaire douloureuse d’agressions sexuelles et de viol, pour lesquelles cinq jeunes femmes de Tours avaient déposé plainte. 

Le prévenu est un interne en médecine de 26 ans aujourd'hui. Déjà condamné en décembre dernier à 4 mois de prison avec sursis pour l’agression d’une mineure en 2013, il devait comparaitre encore ce vendredi, face à trois anciennes camarades de promotion, âgées de 26 à 29 ans, pour des agressions entre 2017 et 2020, certaines pendant leur sommeil. Elles attendent des sanctions exemplaires. 

Les jeunes femmes attendent que cet étudiant soit condamné et qu’il n’ait pas de dispense de l’inscription au casier judiciaire

Maître Marc Morin

Avocat de deux des plaignantes

A la barre du tribunal, le prévenu a reconnu les faits. Pour sa défense, il a plaidé des soirées plus qu’alcoolisées, dans un contexte de lâcher prise, avec celles qu’il présente comme des amies.
Les parties civiles ont témoigné à la barre leur douleur et les conséquences de leur agression dans leur vie personnelle et scolaire. Elles ont souhaité un procès rapide. Elles ont donc accepté la correctionnalisation de ce qui aurait pu être jugé aux assises, devant la Cour criminelle départementale d’Indre-et-Loire.
Après une courte période de détention provisoire, l’étudiant en 6e année de médecine a été laissé sous contrôle judiciaire et autorisé à poursuivre sa scolarité, non pas à Tours, mais à la faculté de médecine de Limoges. Il se destine à une carrière de radiologue.

Une omerta dénoncée par des associations 

En avril 2022, l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR), mandatée par le ministère de l'Enseignement supérieur, intervient à l'université de Tours. La faculté de médecine est alors suspectée de manquements, suite à des accusations de violences sexuelles visant un étudiant en médecine. La responsabilité de l'université de Tours est mise en cause, accusée de "protéger les violeurs" par le collectif féministe Action féministe Tours, suite aux cinq plaintes. "Ici sont formés et protégés des violeurs", pouvait-on lire le 15 avril 2022 sur des affiches placardées sur le campus de Tours et largement relayées sur les réseaux sociaux sur le thème "Balance ta fac"

Une association d'étudiants dénonce également une omerta autour du suivi du comportement de l'étudiant, dont les deux parents sont des médecins réputés à Tours, évidemment bien connus de la faculté de médecine locale.

L'association dénonce également l'absence de toute procédure disciplinaire. Une absence visée dans le rapport que dépose en mai 2022 l'Inspection générale, qui estime que l'université tourangelle aurait dû engager une procédure disciplinaire. Si cela avait été le cas, "on ne l’aurait peut-être pas accepté", assure alors la présidente de l’université de Limoges.

L'étudiant a pu suivre tout à fait normalement son parcours d'études, jusqu'à se retrouver en stage en service de gynécologie-obstétrique, une situation qui avait bouleversé les plaignantes et ravivé leur colère et celle de leurs avocats. 

Le Procureur de la République a requis une peine d’emprisonnement de quatre ans, dont trois avec sursis. Le tribunal correctionnel de Tours a mis sa décision en délibéré au 19 mars prochain.

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