A Limoges : le dépôt sauvage de déchets devient un crime

Pour lutter contre les dépôts sauvages d’ordures qui augmentent sans cesse à Limoges, l’agglomération va mettre en place dans les prochains jours une nouvelle campagne de sensibilisation.

Près de 10 tonnes d'encombrants sont ramassés chaque semaine sur les trottoirs de Limoges.
Près de 10 tonnes d'encombrants sont ramassés chaque semaine sur les trottoirs de Limoges. © Sabine Massé-Limoges Métropole

Un vieux canapé ou un meuble au détour d’une rue, des sacs poubelles sur le trottoir… autant de déchets sauvages qui "fleurissent" un peu partout dans l’agglomération limougeaude. Le phénomène n’est pas nouveau et touche tous les quartiers de la ville, mais il s’amplifie. Chaque semaine, plus de 9 tonnes sont ainsi ramassés, soit environ 500 tonnes par année.

Quand on parle de déchets on voit le 7e continent, mais il n’y a pas besoin d’aller si loin. Quand on regarde ce qu’on a récupéré à Limoges en l’espace d’une semaine, l’image est choquante.

Sarah Gentil, vice-présidente de Limoges Métropole en charge de la politique des déchets

Des déchets que l'on retrouve partout : "des zones nord aux zones sud de la ville, en passant par le centre-ville, on trouve de tout". Sans compter les masques et autres mégots qui sont une vraie calamité pour l’environnement.

Un fléau qui a coût pour la collectivité : environ 500 000€ par an. "Chaque semaine, les agents de la voirie doivent consacrer 13% de leur temps à ramasser ces déchets au lieu de nettoyer la ville", poursuit l’élue. Même si le dépôt d’ordures ou d’encombrants dans la rue est complètement interdit (notamment depuis l’ouverture de déchetteries), les mauvaises habitudes ont la vie dure… surtout en période de confinement. "Les gens ont fait des travaux, ils ont changé le mobilier…" et certains déchets se sont retrouvés sur le trottoir.

Quand les déchets deviennent des objets de crimes
Quand les déchets deviennent des objets de crimes © Sabine Massé-Limoges Métropole

Pour lutter contre ce fléau, Limoges Métropole va mettre en place début mai 2021 une campagne choc : chaque dépôt sauvage important sera matérialisé et transformé en scène de crime à grand renfort des célèbres rubalises jaunes et noires, empruntées aux séries policières. "L’idée c’est d’interpeler les gens sur ce problème", explique Sarah Gentil. Car la plupart du temps, ils ne le voient pas. Les déchets sont disséminés à travers toute la ville, ils sont souvent déposés la nuit et retirés dès le lendemain par les services. Là, on va les laisser sur place pendant quelques jours".

Selon l'élue qui compte aussi sur la prise de conscience environnementale post-covid, dans certaines villes où ce type de communication a été menée, une baisse immédiate de 27% des dépôts sauvages a été enregistrée.

La campagne de sensibilisation empruntera les codes du polar
La campagne de sensibilisation empruntera les codes du polar © Limoges Métropole

En parallèle de cette opératoire, plusieurs « visuels »  déclinés dans l’esprit « série noire » seront également affichés à travers l’agglomération. Ils rappelleront les amendes encourues par les auteurs et les alternatives qui existent (déchèteries, associations, etc.). Cette campagne de sensibilisation durera un mois.

Limoges Métropole enquête

Le dépôt et l’abandon d’ordures ou de déchets sur la voie publique est une infraction passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 1500€.

Pour lutter contre les auteurs de ces incivilités, Limoges Métropole avec l’aide de la police municipale n’hésite plus à fouiller les sacs poubelles « sauvages » afin de retrouver les responsables.

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