Assises de la Haute-Vienne : la version du suspect de plus en plus contestée par les expertises

© Valérie Agut (France Télévisions)
© Valérie Agut (France Télévisions)

Au deuxième jour du procès de Franck Duchateau, le profil du meurtrier présumé de sa compagne, Sophie Bayrand, est scruté à la loupe par les experts psychiatriques. Sa version pourrait être battue en brèche par les analyses balistiques.

Par H.L. / Pauline Pidoux

Franck Duchateau a-t-il voulu abattre sa compagne ? Les experts tentent de reconstituer le profil psychologique de cet homme de 48 ans. En mai 2013, il tuait d'un coup de fusil Sophie Bayrand, avant de retourner l'arme contre lui.

Lui est vivant, dans le box des accusés, elle est décédée dans leur lotissement de Rilhac-Rancon. A la barre, ce matin, l'expert psychiatrique dépeint Franck Duchateau comme un "homme plutôt jaloux" et évoque la possible dimension passionnelle du crime. Cette analyse pourrait venir corroborer les dires du mis en cause. Le meurtrier présumé affirme que le couple, alors en instance de divorce, s'était accordé sur le partage des biens.

Une expertise balistique accablante

Cette version était néanmoins contre-dite par un témoin, qui affirmait avoir vu l'accusé le matin même du drame. Dans sa déposition, cette personne certifiait que Franck Duchateau se serait plaint que "sa femme réclamait la moitié de leur maison". Mais, aujourd'hui, ce témoin dit avoir oublié cette conversation avec l'assassin présumé de Sophie Bayrand.

Cet élément mérite d'être éclairci car il est essentiel à la compréhension de cette affaire. Franck Duchateau affirme avoir tué accidentellement sur sa compagne. La partie civile, quant à elle, estime qu'il a prémédité son crime.

La version de l'accusé est de plus en plus mise à mal par les expertises. Les trajectoires des balles des fusils, par exemple, contre-disent en tout point le récit qu'il a livré aux enquêteurs. Une autre certitude est finalement apparue après des heures d'audiences, ce n'est pas la victime qui a appelé les pompiers le jour du drame.

"Du fait des blessures qu'elle portait, la victime n'a pas pu passer ce coup de téléphone", raconte Me Lionel Béthune de Moro, avocat de la défense. "C'est un revirement essentiel car, si ce n'est elle, c'est donc lui qui a alerté les secours."

L'accusé, lui, ne se souvient pas de cet appel. De moins en moins de détails lui reviennent. Ce matin, les psychiatres ont souligné son absence d'émotion à propos des faits. Une attitude qui surprend la partie civile : "Il était bien campé, les jambes écartées. Ce n'est absolument pas une position d'abablement", estime Me Odile Belinga, avocat de la partie civile.

Un simple trait de caractère ou une passivité due à sa blessure ? L'homme a le visage profondément meurtri depuis qu'une balle l'ait atteinte, le jour du drame. Les avis des psychiatres divergent… Une question encore laissée sans réponse.

Le résumé de cette journée d'audience avec Pauline Pidoux et Valérie Agut :



 

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