Sur les chemins de Compostelle en Limousin : jour 4

Épisode 4/5. Jimmy Drouet est Alsacien. Parti de Strasbourg, il marche sur le chemin de Saint-Jacques pour se rapprocher de la nature. Il en est si proche qu'il cuisine des plantes comestibles. Portrait d'un pèlerin pas comme les autres.

Le chemin de Compostelle est un moyen pour Jimmy Drouet, 22 ans, de se rapprocher de la nature.
Le chemin de Compostelle est un moyen pour Jimmy Drouet, 22 ans, de se rapprocher de la nature. © Charles Lemercier
Sur les chemins de Saint-Jacques, il y a pèlerins pas comme les autres. Parti de chez lui, à Strasbourg, Jimmy Drouet a atteint le Limousin en à peine 30 jours. C'est un pèlerin du 21e siècle, un amoureux de la nature, très connecté. Il marche avec deux téléphones portables. Et pour les recharger, il a sur son dos un panneau solaire. 

En même temps que le pèlerinage, je fais des recherches sur Internet sur les plantes comestibles. Et par ailleurs, je fais du géocaching. C'est une grande chasse au trésor… j'adore ça ! explique Jimmy Drouet.


Jimmy Drouet a le nez dans les écrans mais ses papilles n'ont d'yeux que pour les plantes comestibles. La fin de soirée se profile et donc la préparation du repas. Le pèlerin a les yeux rivés au sol et il tombe sur du plantin. On se demande comment il le prépare, et si c'est assez nourissant...

En temps de survie, le plantin comme d'autres plantes, ça peut-être super avec des pâtes. 


Ces riches connaissances sur les plantes, mais pas que, Jimmy les a accumulées à seulement 22 ans, en parallèle d'un BTS viticulture-œnologie. 
 
Trois plantes en poche et c'est déjà reparti, en quête d'un lieu où dormir.
 
Sur son dos, ce pèlerin connecté a un panneau solaire pour charger ses deux portables.
Sur son dos, ce pèlerin connecté a un panneau solaire pour charger ses deux portables. © Charles Lemercier

Le pèlerin aime tellement la nature qu'il ne dort en gîte qu'une fois par semaine. Les soirs des coups de fatigue notamment. Ce soir-là, dans la campagne haut-viennoise, il cherche un terrain plat, en lisière de forêt. Tous les soirs, il installe son petit campement avec précatution. Il n'a pas de tente, il dort dans un sac de couchage au près du feu. Rien ne lui fait peur... même pas un groupe de sangliers qu'il a déjà croisé à moins de 30 mètres.

Il y a quelques heures, je n'avais plus d'eau. Je suis allé me charger à la rivière du coin. Elle n'était pas polluée car il y avait une écrevisse d'eau. Pour les bactéries, c'est une autre histoire. Mais pour ça, j'ai un filtre à eau. Et comme ça, jamais malade ! 

Ce soir-là, l'Alsacien prépare des petits pains avec de la farine, de l'eau et du plantin. Avec la batterie en bonus, c'est l'autonomie complète. Et quand on lui parle de solitude, il répond par la nature. 

La solitude j'ai toujours connu ça. Mais je me retrouve dans la nature. Je reste en contact avec mes grands-parents notamment, je leur envoie des photos des jolies cathédrales que je croise en chemin. Ma grand-mère est chrétienne. 


Jimmy n'avait jamais marché plus de deux jours. Il va essayer d'atteindre Saint-Jacques, si possible avant les vendanges… Son rêve : vivre dans la nature. Comme un "hermite" comme il le dit lui-même.
 
Portrait d'un pèlerin pas comme les autres


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