Covid-19 : Limoges et Mont-de-Marsan testent un médicament prometteur

C’est un candidat médicament qui porte de nombreux espoirs : le XAV-19 vient d’être labellisé "priorité nationale de recherche". Il a été créé par l’entreprise nantaise Xenothera, et deux hôpitaux néo-aquitains participent déjà aux essais cliniques.

Le traitement est basé sur des anticorps issus de sérum de porc.
Le traitement est basé sur des anticorps issus de sérum de porc. © Xenothera

Alors que les laboratoires français n’ont pas trouvé de vaccin efficace contre la Covid-19, ce n’est pas le cas pour les traitements. Une entreprise nantaise fait actuellement beaucoup parler d’elle : Xenothera.

 

Un médicament à base d’anticorps de porc

 

Son médicament, le XAV-19, peut pourtant paraître surprenant : il est basé sur des anticorps d’origine animale qui ont été humanisés. Ils sont issus… de porc.  

Le XAV-19 est destiné aux patients atteints d’une forme modérée de la Covid-19, pour empêcher l’aggravation de la maladie et éviter un transfert en réanimation.

 

Piste thérapeutique privilégiée

 

Pour comprendre, il faut savoir que la piste thérapeutique privilégiée contre la Covid-19 est l’utilisation d’anticorps purifiés, à partir de patients guéris. Mais cette méthode nécessite d’identifier les patients guéris, de leur prélever du sang, de purifier leurs anticorps pour ensuite les injecter aux patients.

Par le passé, Xenothera a déjà montré que des anticorps d’animaux modifiés pouvaient empêcher le rejet d’une greffe de rein. L’idée est désormais d’utiliser cette technique contre le coronavirus.

Odile Duvaux, la présidente de Xenothera, résume : "Nous suppléons ou remplaçons chez le patient les anticorps qu’il ne produit pas lui-même".

 

Limoges et Mont-de-Marsan déjà impliqués

 

Pour prouver l’efficacité du XAV-19, un essai clinique, baptisé Polycor, est aujourd’hui en cours. C’est là que le CHU de Limoges et l’hôpital de Mont-de-Marsan interviennent.

Les spécialistes des maladies infectieuses connaissent le médicament, les équipes sont formées, et le XAV-19 est proposé aux patients.

Il faut cependant respecter certains critères : une forme modérée de la maladie, et un virus contracté récemment. Les patients peuvent eux même demander à bénéficier de ce traitement.

 

Une mise à disposition cet été ?

 

D’autres hôpitaux de la région devraient bientôt rejoindre le mouvement, car les besoins sont importants : il faut 400 patients pour boucler l’essai clinique et valider l’efficacité du médicament.

Les premières données sont déjà encourageantes : selon Xenothera, le traitement est aussi efficace pour stopper les variants de la Covid-19.

Le XAV-19 pourrait être proposé à tous les malades dès cet été, et l’entreprise travaille déjà sur une production à grande échelle.

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
covid-19 santé société