L’échec éducatif de « la terreur de Limoges »

Les scellés posés sur l'appartement de la victime présumée au couteau / © Franck Petit
Les scellés posés sur l'appartement de la victime présumée au couteau / © Franck Petit

Le jeune délinquant surnommé « la terreur de Limoges » refait parler de lui à travers une nouvelle agression présumée. Il a été incarcéré pour tentative d’homicide. Retour sur un échec éducatif.
 

Par Franck Petit

Dans le petit quartier de Panazol où il a vécu pendant quelques années, les voisins comprennent immédiatement pourquoi la voiture de France 3 se gare dans leur rue. Ici, tout le monde se souvient de la famille Mirac.

Ils ont tout cassé dans la maison. Les enfants urinaient par les fenêtres et se promenaient nus dans la rue. Seul le grand père arrivait à les tenir un peu. Mais il est décédé.

Le père dormait toute la journée, et il nous est arrivé de voir la mère auscultée par un médecin devant la maison, parce qu’elle n’a pas voulu le laisser entrer.

La police nous confirme la défaillance des parents en raison de problèmes d’alcool, de drogue ou de prostitution.
C’est ainsi qu’a grandi le jeune Mahedine Mirac, qui vient d’être placé en détention provisoire pour tentative de meurtre dans la nuit du 23 au 24 novembre 2019. 
 


« Comme une grenade dégoupillée »

Depuis qu’il a 12 ans, « la terreur de Limoges » est un habitué des locaux de l’hôtel de police. Il ère dans les rues, enchainant agressions et extorsions. Son parcours est celui d’un jeune en déshérence, sans aucun repère.
© France 3 Limousin / S. A. via Easel.ly
© France 3 Limousin / S. A. via Easel.ly


Selon Yannick Salabert, directeur départemental de la sécurité publique de la Haute-Vienne, il est capable d’une violence soudaine et incontrôlable.
 

Il est plein de haine et d’agressivité. Ces sentiments mêlés en font une grenade dégoupillée.


S’il semble incapable d’empathie, Mahedine Mirac est cependant proche d’« une mère quelque peu perverse qui le manipule », ajoute Yannick Salabert. Cette dernière semble avoir provoqué la dernière agression de son fils. C’est pourquoi la justice a cru bon de l’incarcérer.

Pour le commissaire Salabert, « la société est dans une impasse face à un profil comme celui de Mahedine Mirac. Il a grandi dans la violence. La prison est aujourd’hui le seul moyen de l’empêcher de nuire ».
 
Photo facebook de Mahedine Mirac / © facebook
Photo facebook de Mahedine Mirac / © facebook

Quant à l’avocate qui défend le petit caïd depuis une dizaine d’années n’a pas souhaité nous en dire plus et lui trouver d’autres circonstances atténuantes :

Je n’ai pas envie que l’on parle de mon client. Moins on en parle, mieux c’est.
 

Echec éducatif

L’esprit de l’ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs et de privilégier l’éducatif sur le répressif. Mais au fil des ans, ce texte est devenu très compliqué et a perdu de sa cohérence. C’est pourquoi le gouvernement l’a revu à travers les lois du 23 mars et 11 septembre 2019.

Un seuil de responsabilité à 13 ans a été introduit, ainsi qu'une mise à l’épreuve éducatice.

Mais pour Jean Baptiste Perrier, directeur de l'institut de sciences pénales et de criminologie d’Aix-en-Provence,

Les objectifs sont louables mais la question de la mise en application se pose en raison de l’état des moyens de la justice.


Autrement dit, rien ne dit que le texte sera correctement appliqué dans le futur.

Puisqu’il est désormais majeur, Mahedine Mirac, s’il est condamné pour sa dernière agression présumée, devra se soumettre à un suivi socio-judiciaire.
 

Les mineurs en détention

Son cas semble cependant très exceptionnel. Au 1er Octobre 2019, seuls 8 mineurs étaient détenus à la maison d’arrêt de Limoges.

 

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