L'allocution d'Emmanuel Macron sur les antennes de TF1 et de France 2, ce 22 mars, n'aura pas atteint les oreilles des salariés de l'entreprise Legrand à Limoges. Ils ont refusé de l'écouter. En cause ? Ils ne se sentent pas entendus et méprisés par le président de la République.
Ce 22 mars, le président de la République, Emmanuel Macron s’est exprimé lors du JT de TF1 et de France 2 sur l’adoption de la réforme des retraites.
Au sud de Limoges, sur le piquet de grève, les salariés de l’intersyndicale de l’entreprise Legrand n'ont pas écouté l’interview de la mi-journée. Écouter le discours d'Emmanuel Macron ? Inutile, car pour ces syndicalistes, il exprime du mépris par rapport au monde du travail.
"Ça ne nous intéresse pas. Il nous met de côté. Il ne discute pas avec nous et il n'a pas voulu entendre les syndicats. Soi-disant qu'il y aurait eu des négociations avec les syndicats. Mais ça n'a pas été le cas"
Patrick Viala-Nouaille, secrétaire général CGT énergie Haute-Vienne
De nouvelles actions prévues en fin de semaine
Le site restera bloqué jusqu’à la fin de la semaine, annonce les manifestants. Si le vote est presque unanime, les salariés grévistes sont fatigués. Certains auraient subi des pressions. "Se dire que pendant 15 jours, il faut s'investir, bloquer, être présent aux manifestations et enchaîner la dureté d'un piquet de grève : c'est compliqué", constate Karine Cellier, représentante CGT Legrand.
23 mars : 9e journée d'action nationale
"On fera encore la démonstration que les salariés sont en grève massivement et il faudra qu'ils nous entendent. Il ne peut pas gouverner impunément sans tenir compte de ce que pensent les citoyens de ce pays", Arnaud Raffier, secrétaire de la CGT Haute-Vienne.