Incendie des Cars : les pompiers du GRIMP de Limoges 100 mètres au dessus du vide

Lors de l’incendie de l’émetteur des Cars les pompiers spécialisés du Groupement de Recherches et d’Intervention en Milieux Périlleux (GRIMP) de Limoges ont dû lutter contre les flammes dans des conditions particulièrement complexes, à plus de 100 mètres de haut.

Les pompiers de la cellule GRIMP du SDIS 87 sur les lieux de l'incendie des Cars
Les pompiers de la cellule GRIMP du SDIS 87 sur les lieux de l'incendie des Cars © Cellule Photo SDIS 87

Ils ont l’expérience, ils ont l’entraînement, ils ont l’équipement, mais cette soirée du 12 janvier ils ne sont pas prêts de l'oublier.

Envoyés dès les premières minutes sur l’incendie de l’émetteur des Cars, cinq pompiers spécialisés du GRIMP de Limoges ont effectué une intervention hors normes.

Un feu atypique, visible à des kilomètres à la ronde, avait commencé à dévorer l’immense pylône qui alimente une partie du Limousin en émissions de radio et de télévision.

Une intervention hors normes

Très vite, la complexité de ce sinistre leur est apparue évidente. Plusieurs facteurs allaient compliquer leur mission : la nuit, le froid, la vitesse du vent élevée, le risque électrique et le rayonnement radio-électrique de l'émetteur. Et surtout, ils allaient devoir combattre un incendie sur une structure métallique étroite, à plus de 100 mètres de haut.

Autant dire que la soirée a été longue, froide … et risquée, mais un risque mesuré et maîtrisé, c’est leur métier.

Très vite une stratégie est établie. « On a eu de la chance, il n’y avait pas de victime à protéger et à évacuer en altitude au dessus du périmètre de l’incendie » explique Christophe Chateau, conseiller technique du GRIMP de Limoges. « Si cela avait été le cas nous aurions pu utiliser un hélicoptère pour déposer des sauveteurs et évacuer le blessé par la même voie. Mais à cause des haubans qui maintiennent l’édifice sur ses côtés cela aurait pu se faire uniquement en passant par le sommet à plus de 200 mètres d’altitude. Et un hélitreuillage en vol stationnaire de nuit en hélicoptère est toujours risqué ».

L'incendie, sur l'émetteur des Cars, se serait déclaré au-dessus de la première plateforme de l'installation
L'incendie, sur l'émetteur des Cars, se serait déclaré au-dessus de la première plateforme de l'installation © Sébastien Passelergue - France Télévisions

Une stratégie

En l’absence de victime à secourir les soldats du feu décident donc de travailler posément et d’attaquer le feu en l'escaladant depuis le bas de l’édifice.

Impossible d’atteindre les flammes depuis le sol avec des lances traditionnelles. A 100 mètres de haut le feu était hors de portée.

Après avoir coupé l’alimentation électrique du pylône et ses émissions d’ondes radio-électriques, deux équipes de deux pompiers du GRIMP entreprennent d’escalader le pylône pour acheminer des extincteurs jusqu’au niveau de l’incendie.

Progressivement, le froid, le vent, l’arrêt de l’alimentation électrique et l’armature uniquement métallique de l’édifice ont naturellement affaibli les flammes.

Parvenus à 100 mètres d’altitude, les pompiers équipés de caméras thermiques vérifient que la structure et les points d’ancrage des haubans ne sont pas fragilisés au point de menacer de s’effondrer. IIs peuvent alors refroidir les câbles et éteindre les derniers foyers à l’aide des extincteurs.

A 100 mètres de haut, le facteur psychologique joue également

Pour Christophe Château cette intervention reste hors norme. Même s’ils s’entraînent de façon intensive tous les mois de l’année, les 25 pompiers spécialisés du GRIMP de Limoges interviennent rarement à une telle altitude sur un incendie. « On ne lutte pas contre les flammes dans le même état d’esprit à 10 mètres ou à 100 mètres de haut, même quand ont est un professionnel entraîné et aguerri » ... « Le facteur psychologique joue également quand, en plus de l’altitude, on travaille sur une structure frêle comme un pylône métallique. Plus encore que sur un immeuble, chaque geste est effectué avec précaution. La seule chute d’un objet peut provoquer des dégâts considérables une centaine de mètres plus bas»

Les pompiers du GRIMP de Limoges s’étaient déjà entraînés sur le pylône des Cars, mais il y a une quinzaine d’années. Ce ne sont donc pas les mêmes hommes qui sont intervenus le 11 janvier sur cette structure de plus de 200 mètres de haut.

Les pompiers du GRIMP du SDIS 87 en intervention sur l'incendie des Cars
Les pompiers du GRIMP du SDIS 87 en intervention sur l'incendie des Cars © Cellule Photos SDIS 87

Avec la multiplication des éoliennes, les entraînements à grande hauteur vont être plus fréquents

Selon Christophe Château, « les entraînements à très grande hauteur vont être plus nombreux dans les mois à venir car le parc des éoliennes augmente très vite dans la région et certaines mesurent une centaine de mètres de haut, avec des techniciens qui peuvent se retrouver bloqués à leur sommet ».

Pour le GRIMP de Limoges, malgré sa difficulté, l’intervention sur le pylône des cars est un succès. Le feu a été circonscrit, l’édifice a été préservé et il n’y a eu aucun blessé.

 

VIDEO : Le GRIMP 87 à l'entraînement

En 2016, le GRIMP de Limoges à l'entraînement

 

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