Un rassemblement de soutien aux Iraniens a été organisé ce samedi 8 octobre 2022 à 14 heures sur la place de la République, à Limoges. Mahsa Amini est décédée après avoir été arrêtée par la police des mœurs pour un voile "mal porté" en Iran le 13 septembre 2022. Depuis, une vague d’indignation et de manifestions s'est élevée partout dans le monde, jusque dans le Limousin.

Se couper les cheveux pour témoigner de son soutien à l'égard des femmes iraniennes oppressées par le régime du Guide Suprême. C'est ce qu'on fait les 70 limougeaudes présentes cet après-midi, sur la place de la République à Limoges lors d'une manifestation en soutien au peuple iranien. 

La peur du régime est aussi arrivée jusque dans le Limousin. Sur les 70 manifestants, dix étudiantes iraniennes avaient le visage caché pour ne pas faire courir de risque à leur famille restée en Iran. 

"Peur d'être googlisées"

C'est une citoyenne "militante de la liberté d'expression", pour reprendre ses mots, qui est à l'initiative de cette mobilisation à Limoges. Amnesty international et la Maison des Droits de l'Homme ont, par la suite, accompagné l'idée.

Touchée par ce qu'elle voyait sur la toile, elle a voulu faire sa part :   "je vois ce qu'il se passe en Iran sur les réseaux sociaux, j'ai vu cette jeune fille chanter Bella Ciao et j'ai aussi vu ces jeunes filles tuées et assassinées pour la liberté d’expression" énumère Elisabeth Bonali-Leonard, organisatrice de la manifestation. 

Dix étudiantes iraniennes qui vivent désormais à Limoges sont, elles aussi, touchées par ce qu'il se passe, à près de 6 000 km de Limoges.

Elles ne souhaitent pas être filmées de manière frontale, ni être googlisées parce qu'elles ont de la famille en Iran. Elles sont touchées parce que leurs familles, depuis 30 ans, sont victimes de cette oppression qui touche tout, les femmes, les jeunes, les étudiants, la liberté de la presse, tout.

Elisabeth Bonali-Leonard

Organisatrice de l'événement

"Les Limougeauds peuvent et doivent se sentir concernés"

L'organisatrice appuie ses mots : "les Limougeauds peuvent et doivent se sentir concernés. Parce qu'à chaque fois qu'il y a une réduction des libertés quelque part, quand ça commence à être loin, un jour ça revient près. Il ne faut pas attendre qu'on frappe à notre porte pour défendre des causes qui nous sont chères, que nous portons tous et dont nous jouissons au quotidien." poursuit Elisabeth Bonali-Leonard, alors que le mot "liberté" est scandé par les manifestants en fond sonore.