L’aquarium de Limoges face à un afflux d'abandon d’animaux marins

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Le refuge de l’aquarium de Limoges s'inquiète de la recrudescence des abandons d'animaux, l'obligeant à trouver des solutions avec l’aide de la ville. ©André Abalo / France Télévisions

L’aquarium de Limoges a ouvert ses portes au public en 1993, et sa mission originelle, qui est d'ailleurs toujours la même trente ans plus tard, est d'accueillir et de soigner les animaux marins abandonnés. Mais la recrudescence des abandons force l'établissement à trouver des solutions avec l’aide de la ville.

Quand on y pénètre, sous le parking, pile en face de la mairie de Limoges, il y a d'abord l'aquarium que les visiteurs connaissent, avec ses variétés de poissons et d'animaux marins venus de tous les continents. Colorés pour les uns, inquiétants pour les autres, mais toujours aussi fascinants. Et puis au fond, là où les visiteurs n'ont pas accès, il y a le refuge. Une sorte d'arche de Noé pour les animaux marins abandonnés. En moyenne, une tortue et cinq poissons arrivent ici chaque semaine.

 

« Il y a plus d’abandons quand on arrive en période de vacances scolaires. Il y a beaucoup moins d’abandon quand on arrive près de Noël. C’est comme nos collègues de la SPA, ce n’est pas à Noël qu’ils ont des abadons de chiens et de chats. Par contre au mois de février, deux mois après le père Noël, il y aura beaucoup plus d’abandon malheureusement », regrette David Branthome, directeur de l'aquarium de Limoges. « Au départ des vacances scolaires, parce qu’on est en vacances, l’animal devient encombrant ».

C'est le cas notamment des tortues, l'un des animaux les plus fréquemment abandonné et amené à l'aquarium de Limoges par leurs propriétaires.

« C’est une tortue africaine qu’on appelle la pelomedusa. Une tortue qui est très à la mode en ce moment dans les animaleries. Elles sont toutes petites et tiennent dans une main, même si elles ont bien grandi. C’est une tortue qu’on a recueilli il y a un peu plus d’un mois maintenant. Elle a normalement terminé sa période de quarantaine », se souvient Franck Spadilierao, biologiste à l'aquarium de Limoges.

Au refuge, les animaux sont soignés et obligatoirement placés en quarantaine. Ensuite, ils peuvent rejoindre les bassins de l'aquarium, ou être envoyés vers d'autres aquariums en France et à l'étranger.

Le centre de soins reçoit aussi de nombreux poissons, de toute sortes, et toujours pour les mêmes raisons : leurs propriétaires ne peuvent plus ou ne savent plus s'en occuper, comme ces deux bossus du Tanganyika.

« Dans un gros volume, chacun va avoir son territoire, mais dans un petit aquarium de 200 litres seulement, très rapidement, il va y avoir des problèmes de conflits. Donc là on a isolé, dans ce premier aquarium, le poisson le plus dominant, et on a mis dans un autre, le poisson qui était dominé qu’on a reçu dans un mauvais état. Il n’avait plus de nageoire. Les nageoires sont en train de se reformer petit à petit, mais ça prend beaucoup de temps », raconte le biologiste.

Depuis quelques mois, l'aquarium bénéficie du label Limoges Durable, qui valorise les actions environnementales. Dans ce cadre, un partenariat est mis en place avec la fédération de pêche et de protection du milieu aquatique de la Haute-Vienne, pour lutter contre la prolifération des espèces invasives dans le milieu naturel, car bien souvent, des poissons et des animaux d'aquarium sont relâchés dans nos rivières.

« Lorsque vous avez une espèce exotique envahissante qui est très présente du point de vue des densités, et des biomasses associées, elle va avoir une consommation des ressources alimentaires disponibles, au détriment des espèces dites autochtones », prévient Pierre Pommeret, président de la fédération de la Haute-Vienne pour la pêche et la protection du milieu aquatique.

Perche soleil, poisson chats, écrevisse américaine ou encore silure, voilà quelques un des poissons qui ont colonisé nos rivières et nos plan d'eau. On ne sait jamais, d'autres espèces pourraient s'installer si elles étaient jetées dans le milieu naturel.

Il faut donc trouver des solutions pour éviter ce scénario.

« Nous on peut les accueillir dans notre centre de soins pour faire la quarantaine et s’assurer qu’ils aillent bien durant un mois, mais après il faut trouver une porte de sortie. L’idée, par exemple, c’est de mettre en place des bassins, dans la ville de Limoges pour accueillir ces animaux en nombre important. Ce qui veut dire qu’on a besoin de place et bien évidemment de moyens. Parce que cela veut dire du temps et des personnes pour s’occuper de ces bassins. Il faut de l’énergie pour s’occuper des pontes, il faut de la nourriture, sans oublier les frais vétérinaires », insiste David Branthome, directeur de l'aquarium de Limoges.

En attendant de trouver une solution plus pérenne pour limiter la prolifération des espèces invasives, rappelons qu’il est interdit de relâcher un poisson ou un animal marin exotique dans le milieu naturel, et qu’il serait bon parfois de réfléchir à deux fois avant de les acheter en animalerie...

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