Le quotidien éprouvant des travailleurs sociaux près de Limoges

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Écrit par Thomas Milon
Presque 300 salariés du médico-social public et privé ont manifesté mardi 7 décembre 2021 à Limoges.
Presque 300 salariés du médico-social public et privé ont manifesté mardi 7 décembre 2021 à Limoges. © M.Codet-Boisse/FTV.

Ce mardi 7 décembre 2021 a été marqué par un appel à la grève nationale des travailleurs sociaux du secteur médico-social privé et public. Au contraire du personnel soignant, iIs n'ont pas bénéficié d'une revalorisation de leurs salaires après le Ségur de la santé. Près de Limoges, un éducateur témoigne.

"Métier formidable, salaire fort minable" : des milliers de salariés du secteur social, au service d'enfants en danger ou de personnes handicapées ou vulnérables, ont manifesté mardi en France pour demander des revalorisations salariales et de meilleures conditions de travail.

A Limoges, ils étaient presque 300 rassemblés devant le Conseil départemental de la Haute Vienne qui gère l'action sociale. Les salariés en colère -dont beaucoup d'éducateurs spécialisés ou d'assistants sociaux. Ils se sentent "oubliés" par le Ségur de la santé. Contrairement aux soignants, aux paramédicaux comme les infirmiers, les aides-soignants ou les kinés qui vont se voir attribuer une prime de 183 euros, eux n'auront pas un centime de plus.  

Les manifestants répondaient à l'appel d'une intersyndicale CGT-FSU-SUD-CNT, qui réclame une augmentation de "300 euros minimum pour tous" alors qu'un éducateur gagne en début de carrière 1,1 SMIC.  

"Injustice salariale"

Depuis plus de deux ans, Maxime Ustaze, moniteur éducateur travaille dans une unité pour autistes sévères près de Limoges et s'occupe d'Alexis. De l'attention, des soins quotidiens comme lui laver les dents et le sentiment de n'être pas vraiment considérés.  

On a l'impression d'être incompris. On sait pas si tout le monde à conscience de nos missions. On est tous dans le soin.

Dans ce type de structures où travaille Maxime, la prime Ségur a pu créer une disparité salariale dans un secteur qui peine à susciter des vocations comme l'avoue Corinne Bouysse, directrice générale APAJH 87 (association pour adultes et jeunes handicapés.)  "Nous n'arrivons pas à recruter. Les jeunes sont moins intéressés. Ne pas revaloriser nos métiers du médico-social, c'est donc une vraie problématique pour nous".  

Interrogée sur ce dossier à l'Assemblée nationale, la secrétaire d'État chargée du Handicap, Sophie Cluzel, a rappelé mardi que le gouvernement comptait organiser avant le 15 janvier une "conférence des métiers de l'accompagnement social et médico-social". Cette conférence -qui associera employeurs, syndicats et conseils départementaux - permettra d'avancer pour que les métiers bénéficient d'une "juste reconnaissance", a souligné Sophie Cluzel.  

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