"On peut les voir courir et sauter de façon assez désordonnée" : gare aux chevreuils ivres sur la route

C'est un phénomène observé à chaque printemps et qui peut être à l'origine d'accidents : des chevreuils en état d'ébriété en raison d'une consommation excessive de bourgeons. Si le phénomène peut sembler curieux, voire amusant, la gendarmerie de la Haute-Vienne appelle les automobilistes à la prudence. Explications.

Vous avez bien lu : les chevreuils, comme les humains, ont tendance à abuser de certains breuvages - ou plutôt de nourriture dans leur cas - les rendant complètement soûls. 

Aurélie Gontier, directrice de SOS Faune Sauvage, nous explique ce phénomène pour le moins étrange, propre aux ruminants. "C'est un phénomène qui a toujours existé : les chevreuils sont très friands des bourgeons des plantes en cette saison, bourgeons qui sont riches en sucre. Comme les chevreuils sont des ruminants, le sucre va fermenter dans leur estomac et se transformer en alcool. Ce qui va entraîner un état d'ivresse chez ces animaux." 

Alors à quoi ça ressemble, un chevreuil ivre ? "Ils sont très euphoriques, on peut les voir courir et sauter au milieu des champs de façon assez désordonnée. C'est assez particulier à observer...", poursuit la spécialiste des mammifères.

Ces animaux en état d'ébriété peuvent avoir tendance à s'aventurer un peu trop longtemps sur les axes routiers. "Un chevreuil ivre, c'est un chevreuil qui va avoir tendance à être désorienté. Ce n'est pas comme les chevreuils qui surgissent des bosquets, donc il y a une chance qu'ils soient visibles en avance", prévient Aurélie Gontier.

La première chose à faire quand on voit un chevreuil au bord de la route, c'est de ralentir.

Aurélie Gontier, directrice de SOS Faune Sauvage

En cas de choc

En cas de choc entre un chevreuil et un véhicule, il est conseillé de prévenir la gendarmerie. Aucun centre ne prend en charge les chevreuils blessés en Limousin. C'est aux communes de s'occuper des animaux retrouvés morts ou blessés sur la voie publique. La Fédération de chasse est régulièrement contactée pour se rendre sur place et abattre l'animal blessé. "Dans de très nombreux cas, l'animal ne s'en remet pas en raison des fractures au niveau des pattes ou de la cage thoracique. Souvent, les animaux décèdent dans les vingt-quatre ou quarante-huit heures. Parfois, il est donc préférable d'euthanasier l'animal, même si c'est dur à dire", précise Aurélie Gontier. 

SOS Faune Sauvage envisage de créer un centre de soins pour les chevreuils blessés sur son site de Verneuil-sur-Vienne. Un projet qui devrait voir le jour d'ici à un ou deux ans.

D'ici là, prudence sur les routes...