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Page histoire : la foire-exposition de Limoges

Jean-Pierre Loustaud, commissaire-général de la foire-exposition de Limoges de 1989 à 2011. / © France 3 Limousin
Jean-Pierre Loustaud, commissaire-général de la foire-exposition de Limoges de 1989 à 2011. / © France 3 Limousin

La 79ème foire-exposition de Limoges a ouvert ses portes ce samedi 5 mai, pour 9 jours. Une foire dont les débuts remontent en 1903 à Limoges ! L'occasion de se repencher sur son histoire, en compagnie de Jean-Pierre Loustaud qui en fut le commissaire général durant 22 ans.

Par Jean-Martial Jonquard

Du 9 au 13 mai, c’est parti pour 9 jours de « foire-expo » à Limoges, au Parc des Expositions.
Près de 350 exposants, dont 75% viennent de la Haute-Vienne, le traditionnel espace restauration et un thème que les organisateurs espèrent fédérateur, pour attirer le plus grand nombre : les années 80.

Si les foires-exposition sont aujourd’hui des évènements pouvant apparaître comme un rien désuets, il n’en a pas toujours été ainsi.
Dans les années 70-80, le nombre de visiteurs sur une journée pouvait dépasser les 30 000, et plus de 130 000 sur l’ensemble de la manifestation. Pour cette édition, une jauge comprise entre 70 et 80 000 serait jugée comme un succès.

Page histoire : La foire-exposition de Limoges
La 79ème foire-exposition de Limoges a ouvert ses portes ce samedi 5 mai, pour 9 jours. Une foire dont les débuts remontent en 1903 à Limoges ! L'occasion de se repencher sur son histoire, en compagnie de Jean-Pierre Loustaud qui en fut le commissaire général durant 22 ans. Intervenants : 1/ Jean-Pierre Loustaud, ancien commissaire-général de la Foire-Exposition de Limoges (1989-2011) 2/ Sarah Gentil, adjointe à la mairie de Limoges  - Équipe : JM Jonquard, E Boutin, M Bernhard

C’est en 1903, au mois de mai, que débute l’ère moderne de la foire à Limoges. Située Champs de Juillet, elle a tout d’une « petite » exposition universelle, avec décors colossaux(dont une porte monumentale de 15m de haut), village « exotique », et attractions en tout genre (dont des baptêmes de montgolfières et un funambule mondialement célèbre). Elle durera près de 106 jours ( !), et malgré un gros succès public, entrainera la faillite de son promoteur.

Ce qui échaudera les initiatives et expliquera pourquoi le rendez-vous mis très longtemps avant de devenir annuel. Il ne le sera en fait qu’après la deuxième guerre mondiale.

Toujours située Champs de Juillet, sur une durée réduite d’environ 10 jours suivant les éditions, la foire est moins imposante, encore que. Des pavillons et de gigantesques hangars sont construits, parfois durant plus d’un mois avant la manifestation. La foire est alors le lieu d’exposition du savoir-faire locale par excellence.

Mais alors que les « trente glorieuses » font sentir leurs premiers effets, la foire devient le temple de l’électro-ménager et du confort moderne ! Jusque dans les années 70, l’électro-ménager « couvrira » près de 60 à 70% de certaines éditions !

En 1967, la foire quitte le centre-ville, et investit l’entrée nord de Limoges, au tout nouveau Parc des Expositions de La Bastide.

Dans les années 80, l’électro-ménager déserte un peu la foire, qui est alors le paradis des « camelots » !

La foire met également en avant des expositions à vocations culturelles, phénomène que développera Jean-Pierre Loustaud, son commissaire-général, qui prend les rênes en 1989 (il y restera jusqu’en 2011 !).
Les visiteurs seront ainsi allés en Égypte (3 fois, dont une prestigieuse exposition sur Toutankhamon, présentée à Limoges AVANT d’être exposée trois mois au Grand Palais à Paris !), mais également en Chine, avec les guerriers du Xian, à Pompéi, au Mexique, auront vu des œuvres de Dali…
L’objectif de ces expositions étant double : ouvrir une culture au plus grand nombre et attirer des visiteurs inhabituels mais à plus fort pouvoir d’achat….

Depuis son départ, quelques « expériences » avec ses successeurs ne se sont pas bien passées et, en déficit, l’organisation de la foire a été confiée depuis deux ans par la mairie au groupe Centre-France.

La foire-exposition est aujourd’hui à un tournant de son histoire.
Après avoir subi les concurrences de la vente par correspondance, du télé-achat, des salons spécialisés et désormais d’Internet, elle ne draine plus autant de monde qu’avant, notamment beaucoup moins de jeunes.Il reste donc à inventer les foires de demain, sous peine de les voir disparaître, le cout pour une municipalité n’incitant guère à l’optimisme…

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