Prison ferme pour trafic de drogues et détention d'armes à Limoges

Une, en apparence, banale interpellation, fin avril dernier à Limoges, a conduit à la découverte d'une importante quantité de drogue et de plusieurs armes. Des peines de prison ferme ont été prononcées à l'encontre de quatre des cinq individus arrêtés.

L'impressionnante saisie de drogues et d'armes effectuée par le forces de l'ordre à l'occasion du démantèlement d'un trafic sur Limoges
L'impressionnante saisie de drogues et d'armes effectuée par le forces de l'ordre à l'occasion du démantèlement d'un trafic sur Limoges © Police Nationale

Un banal contrôle

Le 28 avril dernier, une patrouille de la Brigade Anti-Criminalité de Limoges croise, au niveau de la rue Jules Noriac, un véhicule avec à son bord trois hommes. Le passager avant fumait un joint et le conducteur, à la vue de la patrouille, semblait vouloir éviter le contrôle en accélérant.

Rattrapés, chacun des occupants du véhicules remettaient aux policiers des sachets contenant de faible quantité de résine de cannabis. Mais au moment de leur palpation, les forces de l'ordre trouvaient sur le «fumeur» d'autres «boulettes» de cannabis, dissimulées au niveau de son entre-jambe. Les trois hommes, âgés de 20, 21 et 23 ans, étaient interpellés et placés en garde à vue au commissariat de Police de Limoges.

Une perquisition fructueuse

Une perquisition était menée au domicile du passager avant, âgé de 20 ans, qui avait, dans un premier temps, donné une fausse adresse.
À la bonne, dans le secteur de la Mairie, les policiers découvraient, en divers endroits, un sachet contenant des cailloux de couleurs brunâtres pouvant s’apparenter à de l’héroïne, d’autres sachets de couleurs différentes, ainsi qu'une arme de poing type pistolet calibre 6,35 mm vide de cartouche et un couteau. 440 € en espèces étaient aussi retrouvés.

Au total ce sont 58 g de cocaïne, 248 g d’héroïne, 17 g de crack, 60 grammes de résine résine de cannabis qui étaient appréhendés !

Les enquêteurs parvenaient à établir que le logement de cet individu servait de «nourrice» à celui de 23 ans, individu semblant être à la tête du trafic. Ils établissaient également qu’un second appartement pouvait également servir à stocker de la drogue.

Une nouvelle piste

Une nouvelle intervention avait donc lieu dans ce logement, situé dans le même quartier.
Elle permettait l’interpellation d’un quatrième complice, âgé de 29 ans, chez qui était découvert plusieurs armes longues (carabine à plomb 8 mm soumise à autorisation préfectorale et une calibre 4,5 mm), deux armes de poing de type AIRSOFT (imitation BERETTA et PYTHON), et deux coffres forts. L'un contenait une arme de poing de type pistolet avec son chargeur contenant des cartouches à blanc, l'autre, verrouillé, sentait fortement le cannabis.

La clé de ce dernier coffre était retrouvé sur l’interpellé de 23 ans.
À l’intérieur était découvert huit plaquettes de résine de cannabis (soit 951 grammes), 14 capsules contenant de l’herbe de cannabis (soit 87 grammes) et 500 euros en espèce.

Le magistrat décidait de prolonger les gardes à vue des deux nourrices et du dealer présumé tandis que le conducteur de 21 ans, interpellé initialement, se voyait remettre une convocation en Ordonnance pénale en date du 15/09/2021 pour usage de stupéfiants.

Poursuite de l'enquête

La poursuite des investigations et des auditions allaient permettre de mettre en cause un cinquième individu, âgé de 23 ans, lui aussi identifié comme dealer et à qui appartiendrait l’arme 6,35 retrouvée lors d’une perquisition. Interpellé à son domicile du centre-ville, il était porteur de 195€ et de 8 grammes de résine de cannabis. Il était placé en garde à vue et celle des trois autres mis en cause encore présents étaient prolongées. Le dernier interpellé niait toute implication dans un trafic de stupéfiant et la propriété de l’arme de poing, malgré les déclarations de ses complices et de clients habituels.

La conclusion pénale

Dimanche 2 mai, à l’issue de leur garde à vue qui aura duré pour certains quatre jours, et à la demande du magistrat chargé de l’enquête, les quatre individus étaient déférés au parquet.

Deux d’entre eux passaient immédiatement en CRPC (comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité).
Le premier de 23 ans, qui reconnaissait les faits, était condamné à 15 mois d’emprisonnement délictuel auxquels s’ajoutaient 6 mois de révocation de sursis et 500 € d’amende. Il était incarcéré à la maison d’arrêt de Limoges.
Le second , reconnaissant avoir « hébergé des armes et deux coffres-fort» était condamné à 10 mois d’emprisonnement délictuel dont 6 ferme sans mandat de dépôt.

Les deux derniers protagonistes, celui de 20 ans qui « hébergeait » des armes de poings, l’héroïne, la cocaïne, le crack (etc...), et le dernier de 23 ans considéré comme dealer et propriétaire de cette drogue étaient placés en détention provisoire dans l’attente de leur comparution immédiate ce lundi 3 mai.

Le premier a été reconnu coupable et a été condamné à 6 mois d'emprisonnement délictuel et à une interdiction de détention d'arme durant cinq années.
Le second, d'origine algérienne, a également été reconnu coupable et a été condamné à 6 mois d'emprisonnement délictuel auxquels sont venus se rajouter deux mois de révocation d'un précédent sursis ainsi qu'une interdiction de territoire français pendant deux ans.
Les deux ont été maintenus en détention.

L’ensemble des produits stupéfiants, sur instructions du magistrat, et les armes saisies, avec accord de leurs propriétaires, ont été détruits.

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