Procès aux assises : le meurtrier de Marion Courty condamné à 25 ans de réclusion

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Écrit par Guillaume Ptak
L'avocat général requiert une peine de 30 ans de réclusion criminelle à l'encontre de Djallil Bellabes, le meurtrier de Marion Courty.
L'avocat général requiert une peine de 30 ans de réclusion criminelle à l'encontre de Djallil Bellabes, le meurtrier de Marion Courty. © FTV

Ce mercredi 8 septembre aux assises de la Haute-Vienne, Djillali Bellabes a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Marion Courty, son ex-compagne. La jeune femme avait été retrouvée enterrée dans le jardin de sa résidence à Limoges en juin 2018.

25 ans de prison, sans obligation de soins, et interdiction absolue du territoire français : c'est la peine rendue ce mercredi 8 septembre aux assises de la Haute-Vienne à l'encontre de Djillali Bellabes, le meurtrier de Marion Courty.

En juin 2018, la jeune femme de 35 ans et mère de deux enfants avait été retrouvée poignardée et enterrée dans le jardin de sa résidence de la rue, à Limoges. 

L'ancien compagnon de Marion Coutry, inquiet de ne pas avoir de nouvelles de la jeune femme depuis le 27 mai, avait signalé sa disparition au commissariat le 5 juin. le témoignage des voisins de la résidence ayant vu le 7 juin Djillali Bellabes creuser dans le jardin, l’interpellation de celui-ci en région parisienne le 19 juin

Les soupçons s'étaient rapidement portés sur Djillali Bellabes, son ex-conjoint. Des voisins de la résidence avaient ainsi témoigné l'avoir vu creuser dans le jardin. 

Au terme de plusieurs interrogatoires, et après avoir défendu plusieurs versions contradictoires, voire fantaisistes des faits, l'homme de 32 avait finalement avoué le meurtre. 

L'accusé devait répondre à partir de lundi aux assises de la Haute-Vienne du chef d'accusation de "meurtre par une personne étant, ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité."

Il encourait la réclusion criminelle à perpétuité.

Des analyses psychologiques divergentes

Qu'est-ce qui, dans la personnalité de Djillali Bellabes, aurait pu le pousser à commettre cet acte ? C'était l'une des questions à laquelle l'audience de lundi a tenté de répondre, en s'appuyant sur les conclusions des experts psychologues et psychiatres.

Et force est de constater que leurs conclusions divergent : ainsi, si tous s'accordent pour dire que l'accusé n'est pas atteint de maladie mentale et semble dénué de tout sentiment de culpabilité, la première expertise psychiatrique conclue à un trouble de la personnalité de type dissociale, tandis que l'expertise psychologique ne relève pas de troubles psychologiques ou de "déficiences susceptibles d'influencer son comportement."

En ouverture de la journée de mardi, particulièrement éprouvante pour la famille de Marion Courty, un enquêteur de la police judiciaire de Limoges a relaté les circonstances dans lesquelles le corps de la jeune femme avait été retrouvé : ligoté, enveloppé dans un drap et des sacs poubelles, et enterré dans un massif de fleurs, dans la cour de la résidence où résidait la victime.

Les rapports médicaux légaux qui ont succédé au récit de l'enquêteur ont fait état de l'état de putréfaction du cadavre, retrouvé environ 7 jours après le décès, et des dix lacérations infligées à la victime, "compatibles avec l'utilisation d'un objet tranchant".

Les avocats des parties civiles, dans leur plaidoirie, ont eux dépeint le caractère transactionnel de la relation que Bellabes entretenait avec Marion Courty : selon eux, l'homme, en situation irrégulière en France, se serait mis en couple avec la jeune femme pour obtenir des papiers. 

Selon plusieurs des proches de la victime, sa relation avec l'accusé se serait rapidement dégradée après qu'elle ait faite une fausse couche.

De son propre aveu, Djillali Bellabes espérait que cette paternité lui permette de régulariser sa situation.

30 ans de réclusion requis par l'avocat général

Ce mercredi, en préambule de son réquisitoire, l'avocat général Baptiste Porcher a rappelé que 121 femmes avaient été victimes de féminicides en 2018.

La plupart ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, suite à une rupture ou un refus de séparation.

D'après le magistrat, c'est bien la volonté de Marion Courty de se séparer de lui qui a motivé le geste de Bellabes, décrit comme jaloux, possessif et violent: lorsqu'en mai 2018, Marion Courty lui annonce son intention de se séparer, Bellabes lui assène dix coups de couteau, l'enveloppe dans un drap et des sacs poubelles et l'enterre dans le jardin de la résidence du 17 rue Berthelot, à Limoges, sous un massif de fleurs.

Il nettoie ensuite méthodiquement les lieux du crime, et prépare des stratagèmes pour laisser penser à un simple départ de son ex-compagne. Malgré les excuses présentées à la famille, l'avocat général note que Djillali Bellabes semble dépourvu d'empathie, incapable d'éprouver de la culpabilité pour le meurtre de Marion Courty.

"En prononçant cette peine, vous allez marquer la gravité de ces actes, et la désapprobation, explique Baptiste Porcher aux jurés. Mais punir, c'est aussi éduquer, pour lui permettre de se réinsérer, et éviter la récidive."

L'avocat général avait requis 30 ans de réclusion criminelle. L'accusé a finalement été condamné à 25 ans, sans obligation de soins, et avec interdiction absolue du territoire français.

Djillali Bellabes a dix jours pour faire appel de cette décision.

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