Sécurité civile : l'État étudie l'installation de 565 militaires à Limoges

L'annonce du Président Macron date d'octobre 2022. Il y aura en France une nouvelle Unité d'instruction et d'intervention de la sécurité civile (UIISC), en plus des trois qui existent déjà. Ce sont des unités de lutte contre les incendies et de secours avec un fonctionnement militaire. La ville de Limoges s'est proposée pour accueillir l'une d'elle. Sa candidature est étudiée par le ministère de l'Intérieur.

Le 28 Octobre 2022, le Président de la République annonçait le projet de création d'une quatrième unité d'instruction et d'intervention de la sécurité civile (UIISC)  pour 2024.

Ce sont des unités françaises de lutte contre les incendies et de secours, avec un fonctionnement militaire. Elles font partie de l'Armée de terre et appartiennent à l'armée du Génie, comme la brigade de sapeurs-pompiers de Paris. Leurs missions renforcent les moyens municipaux, départementaux ou nationaux sur les lieux désignés par la Direction générale de la sécurité civile, là où surgissent des sinistres importants ou catastrophes naturelles (feux de forêts en été, pollutions, inondations, tremblements de terre, risques technologiques, radioactifs, bactériologiques et toxiques).

Une unité opérationnelle 24h/24

Si l'uniforme ressemble à celui des sapeurs-pompiers et que la formation initiale est identique à celle des sapeurs-pompiers, les membres de ces UIISC s'en distinguent par la formation militaire qu'ils reçoivent en plus. On les appelle des sapeurs sauveteurs. Ils sont opérationnels 24h/24 et 7j/7.

La première unité a été créée en 1974, après décision du Général de Gaulle en 1968. Il en existe aujourd'hui trois :

  • l'UIISC 1 ou 1er RIISC, située à Nogent-le-Rotrou en Eure et Loire
  • l'UIISC 5, basée à Corte en Corse
  • l'UIISC 7 ou 7e RIISC, installée à Brignoles dans le Var.

Chaque unité est organisée en compagnies logistiques, opérationnelles et d'interventions spécialisées. Une unité peut aussi être un centre de formation. Le parc de véhicules est important et techniquement varié.

Des enjeux de taille

La ville de Limoges s'est aussitôt portée candidate pour accueillir cette quatrième UIICS française. Elle n'est pas la seule, les communes ont été nombreuses à manifester leur intérêt. Quatre candidatures restent actuellement à l'étude, dont celles de Houeillès, petit village du Lot-et-Garonne, Mont-de-Marsan dans les Landes et Pau dans les Pyrénées-Atlantiques.

Les enjeux sont d'importance : il s'agirait d'accueillir à terme 565 militaires, de passage ou sédentaires. La ville perçoit l'installation de nouvelles familles, avec les emplois induits et les retombées économiques qu'une telle installation entrainerait.  

La candidature de la ville de Limoges en bonne place

Pour le site, la mairie de Limoges propose deux emplacements à Landouge. L'un vers l'aéroport, le second le long de la deux fois deux voies près du lycée Les Vaseix, assaini et bien desservi.

En attendant les constructions, un bâtiment de la caserne Beaublanc et les anciens garages de la police, avenue Victor Thuillat, seraient mis à disposition de la nouvelle UIISC pour les bureaux et leurs moyens opérationnels.
Côté hébergement, les militaires seraient provisoirement installés dans une ancienne résidence étudiante rénovée, d'une capacité de 211 logements.

Emile-Roger Lombertie, Maire de Limoges, souligne la détermination de la ville à défendre ce projet. Cette candidature est pertinente à plusieurs titres, pour à la fois proposer une capacité d'accueil immédiate, sans travaux, et une possibilité de construire l'unité comme l'État l'entendra. Limoges est également une situation stratégique.

"Nous avons la capacité de projeter partout, à la fois sur le Massif central, la forêt des Landes, vers la Bretagne et la Vendée. Nous pouvons aussi être une base proche pour reposer et ressourcer les équipes de pompiers en intervention, dont on a vu cet été combien on en avait besoin"

Emile-Roger Lombertie, Maire de Limoges

La ville de Limoges œuvre désormais pour faire connaître la qualité de vie du territoire, l'offre de ses services (CHU, universités, écoles...), l'offre culturelle importante et le coût de l'immobilier accessible.

L'installation de l'UIISC serait progressive. Un premier contingent de 163 militaires est programmé pour fin 2024 pour atteindre 565 en fin de programmation. Le Maire de Limoges dit qu'il y verrait un signe fort de l'Etat pour la reconnaissance du territoire.

Une synergie avec l'association humanitaire des Pompiers de l’Urgence Internationale, déjà à Limoges

Créés en 2004 par son président, le Colonel Philippe Besson, les Pompiers de l’Urgence Internationale sont des pompiers professionnels bénévoles engagés dans le cadre d’une association humanitaire pour porter secours aux populations victimes de catastrophes et assurer l’accompagnement des personnes en situation précaire.

Tout comme deux des UIISC, cette ONG a obtenu en 2010 la classification INSARAG créée sous l’égide des Nations Unies suite au séisme arménien de 1991, qui élabore des procédures internationales normalisées pour la coopération et les secours en situation de catastrophe. 

"Nous sommes amenés à les rencontrer sur le terrain, cela a été plusieurs fois le cas lors de nos missions, et également dans le cadre de formations pour pouvoir se déployer sur des interventions internationales sous l'égide des Nations Unies, donc ça ne pourrait être qu'une excellente nouvelle"

Barbara Menke, membre de l'ONG Pompiers de l'Urgence Internationale

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Les intervenants de ce reportage : Emmanuel Macron, le 28 octobre 2022 ; Barbara Menke, membre des pompiers de l'urgence internationale ; Emile Roger Lombertie, maire (LR) de Limoges ©Franck Petit, Valérie Agut, Nicolas Stil

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