Une formation d’auto-défense inventée à Limoges pour les soignants

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Fermetures de lits, manque de personnel… La tension est de plus en plus forte dans les hôpitaux, avec parfois une montée de l’agressivité chez les patients. A Limoges, un médecin spécialiste des arts martiaux a mis en place une formation de prévention et de gestion de la violence, destinée aux soignants. Et elle rencontre beaucoup de succès...

De la simple incivilité à l’agression au couteau, en s'écartant comme un toréador ou en esquivant comme un escrimeur… Les stagiaires apprennent à faire face à de nombreux types d’attaque dans un milieu hospitalier. 

Mais des règles fondamentales doivent rester présentes à l’esprit selon Cédric Lepetit, aide-soignant et formateur : "L’objectif, c’est de se protéger en tant que soignant, parce qu’on n’est pas là pour se prendre des coups. Mais on est aussi là pour préserver l’intégrité physique du patient. On reste dans le soin."

Boule au ventre

Les stagiaires viennent de tous les horizons : infirmiers aux urgences, ou en centre de détention, mais aussi agent d’accueil ou soignant en Ehpad.

Ils ne sont pas là pour devenir des combattants aguerris, mais tous sont volontaires pour découvrir ces techniques qui pourraient servir.

Lucien Matondo-Kimbési, aide-soignant au CHU de Limoges, témoigne : "Des fois, quand on entre dans une chambre, on a la boule au ventre".

Préoccupation ancienne

Cette formation a été créée à Limoges il y a 25 ans par Dominique Grouille, médecin du CHU spécialiste des arts martiaux.
Il avait été sollicité après une agression marquante au service des urgences. Il se rappelle : "Un aide-soignant avait été frappé par un malade et des accompagnants".

Contexte tendu

Depuis, la formation s'est développée. Elle s'exporte partout en France, dans un contexte de tension à l’hôpital, et particulièrement, encore, dans les services d'urgences.

Didier Martinez, infirmier aux urgences du CHU de Limoges, raconte : "Vous voyez que les gens sont côte à côte, restent de plus en plus longtemps aux urgences…" Audrey Mirgalet, également infirmière aux urgences, confirme : "Les familles qui peuvent rentrer, ça fait monter l’agressivité. Et puis après, il y a l’alcoolisme…"

Après 3 jours de formation, les stagiaires retourneront au travail pour accueillir et prendre en charge leurs patients. Sans maîtriser parfaitement toutes les techniques de défense, mais plus sereins face au risque d'agression.