Polémique autour d'un montreur d'ours à Saint-Léonard-de-Noblat

Frédéric Chesneau et son ours Valentin aux Médiévales de Saint-Léonard-de-Noblat / © Franck Petit
Frédéric Chesneau et son ours Valentin aux Médiévales de Saint-Léonard-de-Noblat / © Franck Petit

Une pétition demandant l'interdiction des spectacles mettant en scène des animaux sauvages a recueilli plusieurs dizaines de milliers de signatures. Elle pointe notamment la performance d'un montreur d'ours programmé lors des fêtes médiévales de Saint-Léonard-de-Noblat ce 17 et 18 août.
 

Par Martial Codet-Boisse

Une pétition contre l'exhibition de l'ours Valentin


Parcourir les routes de France pour montrer cet ours est dénoncé par des associations de protection des animaux Aves France et Paris Animaux Zoopolis. Elles ont lancé une pétition  en ligne  qui a recueilli plus de 34 000 signatures pour dénoncer "l'exhibition" de l'animal et son "exploitation". Des associations qui ont également remis un rapport au ministre de la Transition écologique et solidaire, demandant l'interdiction de ces spectacles "ni artistiques ni pédagogiques".
 

Faut-il montrer des ours en spectacle ?


Pour le dresseur Frédéric Chesneau, il n'y a pas de problème à faire des spectacles avec son ours Valentin :

Valentin, on l'a eu tout bébé, on l'a sauvé. Il avait quelques semaines. Il n'a pas eu le temps d'être martyrisé, ni de souffrir donc il n'a pas peur des humains. Frédéric Chesneau, propriétaire de Valentin

Le dresseur présente son ours Valentin comme étant né aux Etats-Unis, qui aurait dû servir de gibier aux chasseurs. Pourtant, le Dauphiné avait dévoilé en juin 2018 que cet animal était en fait né dans un zoo texan. Rien ne prouve qu'il aurait été destiné à être lâché dans la nature pour être tué pour sa fourrure.

A partir du moment où il n'y a pas de comportement stéréotypé, où l'ours a l'air explorateur, où dans son comportement il a envie de bouger et qu'il n'a pas peur de son propriétaire, il a tous les signes d'un animal heureux, adapté à ce qu'il fait en tout cas. Franck Haelewyn, vétérinaire spécialisé en faune sauvage et directeur zoologique au Parc du Reynou
 

Une exploitation légale mais immorale ?


Pour apprendre des tours à son ours, Frédéric Chesneau lui donne des friandises. Un propriétaire régulièrement contrôlé par les services vétérinaires. Valentin est présenté dans des spectacles de ce type ou sur les plateaux de cinéma 50 jours par an maximum, c'est la loi qui l'impose. Une pratique de spectacles itinérants légale mais encadrée, soumise à autorisation préfectorale.

Sur son site, l'association Aves France , qui milite contre l'exhibition des ours et des loups, estime que ce dresseur aurait parcouru avec ses ours plus de 17 000 km sur les routes en 2018. Elle dénonce notamment que, lors des déplacements, l'ours Valentin reste en journée dans une "remorque frigo", donc un espace très restreint et ne dispose que d'une baignoire minuscule. 
Valentin, dans son enclos du refuge de Bougy Les Neuville dans le Loiret
Valentin, dans son enclos du refuge de Bougy Les Neuville dans le Loiret
Quand il ne travaille pas, l'ours Valentin est dans un parc de 9 hectares, tout près d'Orléans. Un refuge pour animaux maltraités, errants, ou saisis par la justice, les spectacles servant à nourrir ces bêtes.
Polémique autour d'un montreur d'ours à Saint-Léonard-de-Noblat
Une pétition demandant l'interdiction des spectacles mettant en scène des animaux sauvages a recueilli plusieurs dizaines de milliers de signatures. Elle pointe notamment la performance d'un montreur d'ours programmé lors des fêtes médiévales de Saint-Léonard-de-Noblat ce 17 et 18 août. Intervenants : Frédéric Chesneau Propriétaire de Valentin, Franck Haelewyn Vétérinaire spécialisé faune sauvage. Equipe : Franck Petit, Eric Boutin, Xavier Beaudlet.






 

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