Le BTP sous tension en Haute-Vienne : "Quand le bâtiment va... ou pas"

"Quand le bâtiment va, tout va " dit l'adage. Sauf qu'en ce moment le secteur du bâtiment est bel et bien l'un des seuls à bien se porter. Les carnets de commandes sont pleins et la main d'oeuvre commence à manquer.

© Pascal Coussy - France Télévision

Des délais qui s'allongent

Comptez six mois d'attente, au mieux...
Les 19 salariés de cette entreprise de plomberie-chauffagerie de Saint-Junien enchaînent les chantiers. En un an, le carnet de commandes a doublé :

Vu que les gens ne dépensent plus leur argent dans les voyages, la culture, les restaurants et qu'ils vivent un peu plus chez eux et bien ils mettent leur argent dans la rénovation de leur habitat." Analyse Ludovic Blanchon, directeur d'une entreprise de plomberie.

Analyse Ludovic Blanchon, directeur d'une entreprise de plomberie.

Un secteur sous tension

Seulement c'est quasi impossible de recruter et de se développer. La pénurie de main-d'oeuvre se conjugue à cette hausse des demandes de travaux nous explique Nicolas Pénichon, peintre-plaquiste : "On ne trouve personne, nous on axe plus sur la formation des jeunes, mais malgré tout il nous faut aussi des renforts et à l'heure actuelle ils sont très difficiles à trouver."
 

Les artisans débordés en Limousin

Constat identique dans tous les corps de métiers du bâtiment. Les candidats et les formations font défaut : "Trouver des carreleurs ça devient pas du tout évident parce qu'au niveau de l'apprentissage autour de Limoges il n'y a plus de formation, donc ça devient rare de trouver des carreleurs de nos jours." Déplore Julien Bouissou, carreleur.

Déficit d'image

Depuis 30 ans, ces professions manuelles pâtissent d'un déficit d'image. Une dévalorisation en partie liée à la pénibilité du travail. Pourtant, rémunération et conditions peuvent se révèler plutôt avantageuses : "On est plutôt bien payés dans le bâtiment, on est aux 39 heures, dans mon entreprise on a le véhicule, le restaurant quand c'est ouvert, il y a des avantages. Moi ça me plait parce que c'est diversifié, on ne fait pas toujours la même chose." Précise Alex Antigny, carreleur lui aussi.

Selon la CAPEB, le syndicat des professions du bâtiments,  en 10 ans, la Haute-Vienne a perdu près d'un millier d'artisans.

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