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“Journée noire” chez les policiers en Aquitaine

Les CRS en première ligne lors de la manifestations des "Gilets jaunes" à Bordeaux samedi 8 décembre. / © France 3 Aquitaine/Maxime Jouet
Les CRS en première ligne lors de la manifestations des "Gilets jaunes" à Bordeaux samedi 8 décembre. / © France 3 Aquitaine/Maxime Jouet

Mercredi 19 décembre, les agents de police aquitains ont répondu à l'appel des syndicats à une "journée noire". Ils demandent une meilleure reconnaissance et une révision de leurs salaires.

Par Margaux Dubieilh

Ils sont usés, épuisés, ils n'en peuvent plus et le font savoir. À l'appels de trois syndicats (Alliance Police Nationale, Unité SGP-FO et Unsa-Police), de nombreux policiers se sont mobilisés pour une "journée noire" dans les commissariat français. En effet, ils ne répondront présent que pour intervenir sur des situations d'urgence.
 

22 millions d'heures impayées

Les raisons de la grève : un ras-le-bol et une fatigue accumulés après un mois de manifestations des gilets jaunes.

Tous demandent une revalorisation de leur profession et une hausse des salaires. Les policiers souhaitent aussi que leurs heures supplémentaires soient rémunérées : en France, près de 22 millions étaient impayées. Dans la plupart des département aquitains, le mouvement est suivi.
 

Gironde

Près de 90% des syndiqués ont répondu à l'appel de leurs organisations syndicales. De nombreux postes de polices tournaient au ralenti, certains étaient même fermés.
 


Ils dénoncent les conditions de travail auxquelles ils sont confrontés depuis un mois, comme l'explique Eric Marrocq, secrétaire régional d'Alliance Police Nationale :

On passe de héros du quotidien quand on fait de l'antiterrorisme à premier rempart sur qui on crache et on tape.

De nouvelles négociations devaient avoir lieu entre syndicats et gouvernement ce mercredi après-midi. Si leurs revendications ne sont pas satisfaites, ils pourraient continuer leur mobilisation dans les jours à venir, voire appeler à la manifestation.

Cependant, ils ont assuré qu'ils seront présent pour assurer la sécurité ce samedi pendant l'acte VI des gilets jaunes.
 

En Gironde, les policiers en service minimum



Dordogne

Dans ce département et notamment à Périgueux, la mobilisation a été très suivie, car de nombreuses raisons poussent ces policiers à faire grève. En effet, ils sont inquiets concernant le budget 2019 des forces de sécurité, amputé de 62 millions d'euros.

Suite à cette baisse des moyens financiers, ils redoutent que le déménagement du commissariat de police de Périgueux, prévu en 2022, ne se fasse plus.

Ils étaient aussi très en colère suite au report du procès de cinq gilets jaunes le lundi 17 décembre. Ceux-ci avaient agressé un policier le 15 décembre, en marge des manifestations. Les syndicats ne comprennent pas qu'un seul des suspects ait été placé sous contrôle judiciaire.

Enfin, Philippe de Sousa, secrétaire départemental de la Dordogne Alliance, évoque aussi le manque de moyens des policiers intervenant sur les manifestations : "On n'a pas de matériel pour intervenir sur les manifestations. On n'a pas de casque, pas de protection... On l'a encore vu samedi dernier."

Et concernant la prime de 300 euros proposée par l'État aux membres des forces de l'ordre mobilisés le mois dernier ?

La prime exceptionnelle, pour moi c'est du saupoudrage. En plus, tous nos collègues ne la recevront pas...

 
Interview de Philippe De Sousa, secrétaire départemental de la Dordogne Alliance

 

Pyrénées-Atlantiques

Là aussi, le service minimum était de rigueur. À Bayonne, plusieurs dizaines de policiers se sont rassemblés dans la cour d'honneur de l'hôtel de police vers midi. Côté béarnais, on évoque une incompréhension face aux violences perpétrées par certains gilets jaunes à l'encontre des forces de l'ordre, comme l'explique Joseph Cilluffo du syndicat Unité-SGP-FO :

C'est incompréhensible pour nous, parce que même sur les manifestations, on est là d'abord pour leur sécurité. On est même pas descendu du fourgon qu'on nous envoie des cocktails molotov, de l'acide, des cailloux.

Il faudra attendre l'issue de la rencontre entre syndicats et le ministre de l'Intérieur avant de savoir si le mouvement pourrait continuer.

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