Les Girondins ont été sévèrement corrigés par l'OGC Nice qui n'a pas fait les choses à moitié pour décrocher sa deuxième victoire à domicile, surclassant Bordeaux sur un score de tennis de 6-1, hier mercredi à l'Allianz Riviera lors de la 6ème journée de Ligue 1. Bordeaux recule à la 15ème place.
Grâce notamment à un doublé d'Hatem Ben Arfa, Nice grimpe d'une place au classement (8e) et devient meilleure attaque de L1 avec 16 buts, devant le Paris SG (13 buts).
Bordeaux, qui avait pourtant ouvert la marque, a totalement disparu après l'exclusion d'Enzo Crivelli (50) sur une faute grossière. Battus pour la première fois depuis la 1re journée, les Girondins encaissent leur plus lourde défaite en 20 ans. De mauvaise augure avant la réception samedi de l'Olympique Lyonnais.
Dès l'entame de la rencontre, Bordeaux l'Européen se comportait en terre conquise et bougeait Nice comme rarement cette saison. Vainqueur de ses trois sorties à l'Allianz Riviera, la formation girondine semblait reprendre le même chemin avec une attaque d'école à quatre, conclue par Plasil. Le milieu tchèque, aux arrêts depuis 4 mois sur tendinite au genou, fêtait son grand retour en ouvrant la marque d'une frappe croisée (6).
Habitués à ce genre de handicap, les Niçois installaient peu à peu leur animation offensive. Après une première occasion par l'intermédiaire de Valère Germain, battu dans son duel avec Cédric Carrasso (25), un centre travaillé de Jérémy Pied trouvait la tête du meilleur buteur de l'OGCN, qui devançait Pablo un peu lent et plaçait une tête décroisée dans le petit filet opposé (33).
La rencontre alerte et vive conservait son tempo à l'image du une-deux Khazri-Crivelli qui voyait l'attaquant tunisien des Girondins échouait de près sur Hassen (41). Dans la continuité, Carrasso croyait être aussi décisif sur la reprise puissante
de Ben Arfa. Mais Le Bihan, très remuant, mettait le ballon du gauche entre les jambes du gardien visiteur et inscrivait son tout premier but en L1 dès sa première titularisation (42).
A la reprise, les bonnes intentions des joueurs de Willy Sagnol s'effondraient avec le tacle les deux pieds décollés de Crivelli sur Pied (49). Désorganisés après le rouge de leur jeune attaquant, les Girondins perdaient le nord à l'image de Pallois qui trompait son portier suite à un centre de Pereira (52).
Plus symptomatique du K.-O. debout des visiteurs, ceux-ci s'arrêtaient totalement quand Poundjé se heurtait à Bodmer et réclamait un penalty. Les Niçois continuaient en contre et Ben Arfa marquait sans opposition (68) puis doublait sa mise (75), portant son score personnel à 4 buts en L1 cette saison, comme Germain.
Libéré par l'ouverture de son propre compteur à Bastia, l'attaquant Alexandre Mendy récidivait sur un service de Seri et enfonçait des Bordelais (84) désunis depuis leur mise en infériorité numérique.
Jean-Louis Triaud, président de Bordeaux :
"Il n'y a que moi qui passe après les catastrophes (sourire). Je crois que les joueurs n'ont pas le coeur à venir parler, mais vous verrez Willy Sagnol. C'est une soirée difficile. On aurait dû être plus réaliste sur l'occasion du 1-2. Comme souvent après avoir concédé un but, on refuse de jouer et on recule trop. C'est une bonne leçon. Quand on ne respecte pas le foot, le bloc équipe, qu'on se lance dans une série de dribbles en oubliant les partenaires, on s'expose à ce genre de soirée. Les Niçois ont été assez adroits. Prendre trois buts ou quatre, cinq, ou six, cela ne change pas grand-chose. Notre bilan de début de saison n'est pas terrible. Mais ce sont surtout nos matches à domicile qui laissent des regrets. Quant à l'expulsion de Crivelli, Enzo est jeune, il a les défauts de ses qualités mais il doit apprendre à gérer son tempérament. On ne peut pas exiger à un de ceux qui se battent le plus de réfréner son agressivité."
Willy Sagnol, entraîneur de Bordeaux :
"Ce 6-1 est une belle humiliation qui va nous remettre les pieds sur terre. Après le match, nous avons échangé longtemps dans le vestiaire tout en sachant que nous ne trouverons pas des solutions immédiatement. Il était important que chacun fasse son autocritique devant tout le groupe. Quand on ne respecte pas le foot, on n'est pas à l'abri de ce genre de gifle. Il y a eu beaucoup trop de manques collectifs et individuels pour espérer mieux à Nice. C'est d'autant plus difficile à comprendre après une première période où nous avions eu la mainmise sur le match. L'expulsion d'Enzo Crivelli est un fait du match comme un autre. Ces derniers temps, vous avez beaucoup parlé de ce jeune. Staff et club, nous vous avions demandé du temps pour lui. Ce n'est pas aider les jeunes de les mettre dans les extrêmes. Je ne peux pas être heureux ce soir. La saison passée, on en avait pris cinq devant Lyon, cela avait été le début d'une prise de conscience des efforts à faire sur le terrain. Je ne leur ai pas parlé de notre prochaine rencontre avec l'OL. Ils connaissent mes attentes pour ce match. Nous avons toujours été honnêtes avec vous. Notre équipe manque de maturité et d'expérience, dès que l'état d'esprit n'est pas à la hauteur, cela se paie. Il y a avait déjà eu des indices de cette faiblesse, notamment en première période devant Toulouse".