Limousin : la saison des allergies est ouverte

Une saison déjà bien entamée pour les allergiques aux pollens. Bouleau, chêne, noisetier, plantain, graminés, se succèdent pour nous chatouiller jusqu'en septembre ! Pourtant les moyens de prévention se multiplient. Les pollens sont sous haute surveillance.

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Les yeux qui démangent, qui gonflent, le nez qui coule, qui se bouche, la toux, des crises d'asthme, des éruptions cutanées, les symptômes sont multiples, plus ou moins handicapants selon les individus. Mais quand l'allergie est là, plus rien ne va.

Pour le moment le Limousin est en jaune sur la carte de vigilance des pollens, mais cela pourrait ne pas durer.

"La saison pollinique se divise en deux grandes parties, la première concerne les allergies aux arbres, bouleau, noisetier, chêne, etc ... elle débute dès février. Ensuite il y a les allergies aux plantes, plantain, graminées, et autres, jusqu'en octobre parfois." explique Julie Gault d'Atmo Nouvelle-Aquitaine, un organisme chargé de surveiller la qualité de l'air.

Avec en plus de nouvelles plantes allergisantes qui colonisent le Limousin. "L'ambroisie est arrivée depuis peu en Limousin. Auparavant elle était cantonnée à la région lyonnaise. Elle provoque de nouvelles allergies chez nous." précise le docteur Maria Merle-Mourgues, allergologue à Limoges.

Pollens sous surveillance

Prévoir et anticiper sont les mots d'ordre pour combattre les allergies. Et les moyens se multiplient. 

Le Réseau National de Surveillance Aérobiologique est particulièrement actif. Soutenu localement par Atmo Nouvelle-Aquitaine. "Depuis 1999 les pollens sont classés comme polluants, nous devons donc les surveiller. Plusieurs capteurs ont été disposés en hauteur. Ils capturent les pollens sur des bandes que nous relevons une fois par semaine. Ces bandes sont ensuite observées au microscope afin d'indentifier et de compter les différents pollens."explique Julie Gault.

Capteur de pollens
Capteur de pollens © Atmo Nouvelle-Aquitaine

En Creuse à Sainte-Feyre, en Haute-Vienne à Limoges il y a également des pollinariums sentinelles. Des outils de prévention, qui se présentent sous forme de petits jardins réunissant les principales espèces allergisantes. 

Celui de Limoges se trouve dans le jardin de l'Evêché, il y est installé depuis 2017. Cédric Dupont, responsable du jardin botanique, fait des relevés chaque jour : "Toutes les espèces qui ont été mises en culture ici ont été prélevées aux quatre points cardinaux dans un rayons de 20 à 50 kilomètres de Limoges. Chaque jour nous observons les pollens, il s'agit de tapoter la plante pour voir si le pollen est volatile. Nous saisissons ensuite les données sur le site alertepollens.org qui est consultable gratuitement par tout le monde. On peut ainsi annoncer les espèces allergisantes en avance d'une dizaine de jours."

Un pollinarium sentinelle pour la Creuse
Un pollinarium sentinelle pour la Creuse

Prévenir et guérir 

La prévention est en effet la clé de la lutte contre les allergies. 

Tout d'abord il faut savoir à quel allergène on est sensible. "On fait une enquête allergique, avec tests cutanés et bilan sanguin." précise l'allergologue Maria Merle-Mourgues.

Ensuite, on soulage et on guérit. "Il existe des traitements efficaces contre les symptômes. Des antihistaminiques par voie orale ou en colyre, des corticoïdes par voie nasale. Ils vont permettre de soulager les symptômes mais pas de guérir. Pour guérir il faut faire une désensibilisation en amont. Elle débute 3 à 4 mois avant la saison des allergies et se poursuit durant toute celle-ci. Il s'agit de prendre, en comprimés ou gouttes sous la langue, d'infimes doses de l'allergène pour que l'organisme s'y habitue et n'y réagisse plus. Le traitement est à faire durant 4 ans. En revanche il ne guérit pas forcement à vie, parfois seulement durant 10 ou 12 ans." explique le docteur Merle-Mourgues.

On peut devenir allergique à tout âge

Les allergies ne sont pas qu'affaires de bambins. On peut déclarer une allergie à n'importe quel âge. 

"À la naissance on a un terrain atopique transmis de manière héréditaire. Il peut se développer à n’importe quel moment de la vie, comme ne jamais se développer. Quand on des parents ou des grands-parents allergiques on a donc plus de risque de le devenir. Mais ce n'est pas systématique." indique Maria Merle-Mourgues.

Et pour les plus malchanceux, il y a également des allergies croisées. Une allergie à un pollen peut en effet s'associer à une allergie alimentaire. 

Les conseils

-Aérer son logement de préférence tôt le matin et après le coucher du soleil.

-Faire sécher le linge de lit et les vêtements à l'intérieur.

-Eviter les efforts physiques en extérieur.

-Prendre une douche et se laver les cheveux tous les soirs.

-Éviter l’exposition aux autres substances irritantes ou allergisantes (tabac, produits d’entretien, parfums d’intérieur, encens, etc.).

-Fermer les vitres de sa voiture lorsque l'on roule.

-Porter un masque et des lunettes de soleil.

 

 

Les sites à consulter pour suivre les émissions de pollens

-Le site du RNSA et sa carte de vigilance pollens mise à jour quotidiennement

-Le site Alerte Pollens qui propose un abonnement gratuit afin de connaitre chaque jour des allergènes présents dans votre département.

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