Lot-et-Garonne : 20% de sa production agricole pourrait disparaître faute de pollinisateurs

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Le département, avec ses 7200 exploitations agricoles, est sous la menace de la disparition des abeilles. Le rôle de pollinisateur de ces insectes est essentiel à la production de fruits, or le département est premier producteur national pour les prunes, les fraises et les noisettes.

Le Ministère de l'Environnement vient de publier les effets de la menace qui pèse sur les insectes pollinisateurs. Le département du Lot-et-Garonne apparaît rapidement dans la liste des départements à la production arboricole ménacée.
Il risque de se voir confronté, dans les années à venir, à une vulnérabilité de plus de 20% de la pollinisation des arbres fruitiers. Avec un chiffre d'affaire annuel de 719,4 millions d'€, affirmer voir disparaître plus de 20% de la production à cause de l'absence, de la disparition, de l'éradication des pollinisateurs à de quoi inquiéter.

Qui pollinise les cultures ?

Essentiellement les abeilles dans 92% des échanges nécessaires à la fécondation, mais aussi les bourdons, or en France, les deux espèces sont menacées.
Elles subissent d'énormes pertes. Bien qu'il existe 200 espèces différentes d'abeilles à travers le monde, les colonies s'effondrent à cause de plusieurs facteurs, les pesticides, un ou des virus, des champignons, la monoculture intensive, de nouveaux prédateurs comme le frelon asiatique. Les apiculteurs tentent de combler ses pertes énormes parfois en endossant le rôle de naisseurs d'essaim, de plus en plus de professionnels se destinent à élever des essaims pour compléter le plus tôt possible une colonie décimée.
En France, 72% de la production agricole pour l'alimentation humaine est tributaire de la pollinisation.

Afin d'éviter ce qui se passe en Chine dans la province du Sishuan, lieu de production de pommes à grande échelle sur les coteaux de l'impressionnante vallée, tous les habitants sont conviés au printemps et au début de l'été, à consacrer toute leur activité à remplacer les abeilles disparues depuis plusieurs années. Pour cela, muni d'un tout petit bout de bois, chaque habitant procède à la fécondation des fleurs, mais en Chine, le travail collectif est érigé comme une politique, ce qui ne peut pas se faire en Occident. En attendant des réponses ciblées pour lutter efficacement les ingénieurs agronomes préconisent quelques comportements favorisant la permanence des pollinisateurs, préférer les insecticides naturels, réinstaller les prédateurs des parasites, planter des fleurs entre les rangs de cultures, assurer la rotation des cultures et favoriser la plantation d'espace de fleurs sauvages à proximité, même les villes consacrent des carrés de verdure à l'éclosion de fleurs sauvages.


La pollinisation a un gain économique indéniable

Le rapport du Ministère de l'Environnement établit que la pollinisation, lorsqu'elle est efficace, permet de produire des fruits, des légumes, le rapport évalue le gain de la production à un chiffre d'affaire entre 2 et 5 milliards d'€ par an en France. Ce n'est pas une pratique naturelle anecdotique parmi la production agricole. Le rapport reconnaît qu'il prend en compte les effets directs entre l'action et la production, il n'a pas évalué les coûts hors-production agricole, comme le maintien de la diversité des paysages, la contribution à une alimentation variée, la maîtrise des coûts de l'alimentation.
Albert Einstein voyait dans la disparition de l'abeille sur la surface du globe comme une des causes possibles de la fin de l'humanité, à travers les continents la disparition des pollinisateurs aurait des effets catastrophique, par exemple, plus de café, plus de chocolat, plus de noix, plus de pommes, plus de cerises, plus de semences, plus de fruits en général, etc... Le rapport publié par le Ministère de l'Environnement dans la nécessité de la bio-diversité, dans l'éradication des pesticides, d'éliminer les perturbateurs endocriniens, nouvel axe de combat des scientifiques.