A Pau, des spécialistes font de la prévention auprès des jeunes contre le cyberharcèlement pendant le confinement

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Écrit par Hélène Chauwin
Une campagne d'affichage contre le cyberharcèlemet dans un établissement de l'Oise en novembre 2019.
Une campagne d'affichage contre le cyberharcèlemet dans un établissement de l'Oise en novembre 2019. © Julien BARBARE/MaxPPP

Le confinement favorise le cyberharcèlement. En 2020, le phénomène avait grimpé de 26%. A la veille de nouvelles mesures sanitaires, des spécialistes  interviennent dans les établissements scolaires comme celui de Sainte-Ursule à Pau, en Béarn pour prévenir une 2e vague de violences numériques. 

Pas d'école = plus d'écrans. L'équation avait été vérifiée l'an dernier. Les jeunes, empêchés de voir les copains, ont compensé sur les réseaux sociaux et y ont cherché les interactions sociales dont ils ont besoin pour grandir.

"[La crise du Covid-19] a accéléré beaucoup d'usages dans tous les domaines et notamment sur le numérique. Ça a d'ailleurs touché aussi les adultes avec le télétravail, par exemple. L'effet a été le même pour les ados. Ça les a rapidement fait basculé dans des usages qu'ils auraient peut-être eu plus tard." témoigne Justine Altan, directrice générale de e-Enfance sur France 24

Créée en 2005, e-Enfance est une association reconnue d’utilité publique agréée par le ministère de l’éducation nationale qui a pour mission de protéger les mineurs sur internet. Selon une étude qu'elle a menée en février 2021, les Millennials, cette génération de jeunes nés après 1980  sont particulièrement touchés. Près de 4 sur 10 déclarent avoir ouvert un, ou plusieurs, compte(s) sur une  plateforme numérique depuis le début de la crise sanitaire.   

"Les adolescents se sont retrouvés enfermés chez leurs parents, ce qui est un peu l'enfer pour eux. Ils ont eu besoin de se retrouver entre pairs sur ces plateformes", explique Justine Altan.

 

Ce phénomène n'est pas nouveau mais il a explosé lors du premier confinement, remplaçant le classique harcèlement scolaire en le déportant sur les réseaux sociaux. La meilleure arme reste la prévention. LOG.in qui compte cinq intervenants, anime des conférences dans toute la France. Benjamin Frémiot a rencontré les élèves du groupe scolaire Sainte-Ursule de Pau. Il les prévient d'entrée de jeu : 

Partez du principe que ce que vous allez diffuser va rester sur internet et que vous n'avez absolument plus le contrôle »

Pendant près de 2 heures, grâce à ce professionnel du numérique, les collégiens vont découvrir les multiples facettes des applications qu'ils utilisent au quotidien sans en connaître tous les dangers. 

"Qui a snapchat? Qui a déjà posté des vidéos sur tik-tok ?" interroge Benjamin Frémiot.  Les mains se lèvent dans le public. Charlotte, elle, utilise la plupart de ces réseaux. 

Les images qu'on partage et qu'on supprime, l'application peut les retrouver  mais nous on ne le sait pas. 

Lenni a, lui-aussi, retenu la leçon : 

C'est beaucoup plus dangereux qu'on ne le pense. Il nous a montré les amendes qu'on peut prendre. Tout ce qu'on envoie... je ne pensais pas que chaque application savait autant de choses sur nous. 

Hugo a été frappé par le traumatisme que peut engendrer, durablement, ce phénomène : 

Même si, nous, on ne poste pas de choses compromettantes sur notre vie, d'autres gens, qu'on ne soupçonne pas, peuvent poster des choses qui nous blesseront toute notre vie.

Blesser, harceler sur le numérique. Des risques qui ont poussé le chef de cet établissement palois, Olivier Peyret, à alerter ses quelques 600 élèves : 

Ça concernait tous les niveaux avec des élèves qui pouvaient arriver en pleurs le matin, insultés la veille par les réseaux sociaux. Il fallait qu'on réagisse. Je pense que le réseau social s'est développé de façon négative lors du premier confinement et les élèves en ont oublié le véritable usage.

Benjamin Frémiot insiste auprès des élèves : 

Le fait d'être derrière un écran, va désinhiber énormément les gens. Pour  harceler, insulter, c'est beaucoup plus simple qu'en face. 

Alors que les adolescents vont à nouveau se retrouver chez eux pour au moins trois à quatre semaine, il s'adresse aussi aux parents qu'il encourage à surveiller le temps passé sur les écrans. 

Ce qu'on conseille pour beaucoup de parents, c'est d'échanger avec leurs enfants sur ce qu'ils font sur les réseaux. Quel est le besoin d'aller sur Instagram, snapchat ou tik-Tok ? Pour échanger, pour partager, ok mais qu'est-ce qu'on diffuse ? Qu'est-ce qu'on voit également sur les réseaux sociaux ? Parce qu'il y a énormément de choses sur ces réseaux, notamment sur Tik-tok qui sont en lien avec la sexualité.

durée de la vidéo: 02 min 03
prévention au cyberharcèlement dans un collège de Pau

 

En novembre 2020, l’UNESCO mettait en garde : un enfant sur trois était alors victime de violence ou de harcèlement en milieu scolaire et un sur cinq avoir manqué l'école à cause de ce phénomène dans le monde. 

 

 

 

Un numéro vert en cas de cyberharcèlement

 

Net Ecoute est le numéro vert national destiné aux enfants et adolescents confrontés à des problèmes dans leurs usages numériques.

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