" Le Pays basque n’est pas à vendre " : à Bayonne, une mobilisation contre la spéculation immobilière

Une cinquantaine de manifestants se sont réunis ce jeudi pour protester contre une manœuvre visant à vendre hors-circuit un terrain agricole à un propriétaire picard. Une affaire qui illustre le démantèlement des terres agricoles basques.

A l'origine de ce rassemblement, un simple rendez-vous sur une place à l’initiative de l'association de défense de l'environnement Lurzaindia et du syndicat paysan ELB. L’effet de masse a fait le reste et les gens ont convergé vers l’adresse du notaire en charge de la vente litigieuse.

La vente de trop 

"Aujourd’hui, on est venus là car il y a une vente qui a été faite en nue-propriété sur Bidarray avec quelqu’un qui n’a rien à voir avec l’agriculture, qui habite dans le Nord - Pas-de-Calais.", explique, Dominique Amestoy, le responsable de l'association Lurzaindia, en lutte contre le démantèlement des terres agricoles. 

« Cette personne-là n’avait aucune légitimité à acheter ces terres. Mais en plus, il y a la façon dont l’acte a été rédigé : ils n’ont vendu que la nue-propriété, ce qui a a enlevé toute possibilité à la Safer (Société d'aménagement foncier et d'établissement rural, NDLR) de préempter et donc toute possibilité aux paysans d’acheter ces terres. » En achetant la nue-propriété à 90 000 euros l'acheteur se réserve le droit d'acheter l'usufruit et d'ainsi posséder totalement le bien dans les années à venir. Une technique qui permet de contourner les procédures de protection mises en place en matière de terres agricoles. 

Cette vente devrait être signée définitivement le 17 février, mais en attendant les responsables du mouvement tenaient à rencontrer le notaire en charge de celle-ci. Après avoir un peu forcé la prise de rendez-vous, une délégation a été reçue par celui-ci ce jeudi 12 janvier. Tandis qu'une dizaine de policiers empêchait le reste du cortège de rentrer avec eux dans l’étude.

Maintenir une vie dans les villages

"On a eu de la chance que la mairie de Bidarray soit là, c’est la première mairie qui s’implique dans un tel dossier.  D’autres maires étaient là en soutien, ils ont exprimé aussi la volonté des élus du pays basque par rapport au foncier agricole et ça aide", poursuit Dominique Amestoy. Le maire de Bidarray s'est opposé dès le début à cette vente, en faisant voter au conseil municipal de décembre une motion contre la cession du terrain en nue propriété. 
Un terrain de 16 hectares, sur lequel ils aimeraient voir des jeunes s'installer pour exploiter la terre.  

"Nous, petit village de montagne, sommes intéressés pour installer une vie agricole dans ces petites fermes de montagne", justifie le maire. Face à lui, la splendeur de sa montagne  pour laquelle se battent les investisseurs étrangers. "Ce sont les jeunes paysans qui font vivre nos villages. La vie du village, c’est d’abord les gens qui y travaillent, notamment les agriculteurs".

C'est pourquoi il veut maintenir un discours clair et intransigeant quant à l'organisation de cette vente. "Les notaires ne doivent pas utiliser ce genre d’acte. Ce sont des terres agricoles et il ne faut pas qu’elles soient vendues n’importe comment à des gens qui ne sont pas d’ici et qui, je suppose, ont de l’argent pour de la défiscalisation".

Un entretien fructueux avec le notaire bayonnais

Un message  bien passé au terme de l'entretien de ce matin. "Avec le notaire, qui nous a très bien reçus et qui nous a entendus, on a convenu de rencontrer le vendeur pour essayer de voir ensemble si on ne pouvait pas trouver des acheteurs potentiels sur place. Si on pouvait agrandir des fermes ou installer quelqu’un d’ailleurs"

Dans ce sens, un courrier commun a été rédigé par les élus, les associations et le notaire, à l'adresse de l'acheteur. 

La semaine prochaine, rendez-vous a été pris entre toutes les parties. Le notaire a pris l'engagement de se retirer du dossier sans un accord entre la mairie et l'acquéreur. 

 

 

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