Une partie de la prime de service des agents sera redistribuée aux cadres : appel à la grève à l'hôpital de Bayonne

"On a l'impression d'avoir le shérif de Nottingham à l'hôpital !" L'intersyndicale du centre hospitalier de la côte basque à Bayonne a déposé un préavis de grève pour le mardi 19 décembre. En cause : une modification par la direction de la répartition de la prime de service, perçue en fin d'année, au bénéfice de certains cadres plutôt que l'ensemble du personnel.

Une décision "injuste" et "inadmissible" pour les syndicats. La direction du centre hospitalier de la côte basque (CHCB), à Bayonne, a récemment fait savoir à son personnel qu'elle souhaitait modifier pour cette année la répartition de la prime de service, ce qui profiterait à certains cadres, aussi appelés managers.

L'intersyndicale (la CGT, la CFDT, FO et l'Unsa) du centre hospitalier a aussitôt réagi en déposant le 7 décembre un préavis de grève pour la journée du mardi 19 décembre. "Les agents de l'hôpital sont très en colère, ils ne comprennent pas pourquoi les uns seraient plus méritants que les autres, eux aussi ont des conditions de travail difficiles !" pose Marie-Pierre Etchebarne, secrétaire générale de la CGT à l'hôpital.

Cette prime de service, perçue en fin d'année et ressemblant à un 13e mois, résulte d'une attribution complexe. Elle est calculée chaque année selon la valeur professionnelle, la note et le pourcentage de temps de travail d'un agent, avec un abattement en cas d'absences au cours de l'année.

La somme allouée à chaque agent peut donc varier d'une année à l'autre. Selon Marie-Pierre Etchebarne, au CHCB, cette prime peut être de "1000, 1500, voire 2000 euros pour certains".

Prendre à ceux "qui en ont le plus besoin"

Au centre hospitalier de Bayonne, lorsque des agents ont été absents et ne touchent pas l'entièreté de leur prime, la somme qui reste, appelée reliquat, est ensuite redistribuée aux agents avec 0 à 10 jours d'absentéisme sur l'année. C'est cette redistribution que veut modifier la direction, en allouant une partie du reliquat seulement à certains managers du CHCB.

Une décision qui a fait bondir les syndicats. "C'est un dispositif qui vise à valoriser la difficulté de l'encadrement à l'hôpital, et cela, nous pouvons le comprendre. Ce qui nous choque en revanche, c'est de le faire en prenant de l'argent qui est censé revenir à l'ensemble du personnel et donc, aussi à ceux qui en ont le plus besoin", déplore Franck Calleja, secrétaire général de la CFDT au centre hospitalier de Bayonne.

On a des agents qui dorment sur le parking de l'hôpital. Même 10 euros en moins sur leur prime, c'est 10 euros dont ils ont besoin.

Marie-Pierre Etchebarne

secrétaire générale CGT à l'hôpital de Bayonne

"On s'est un peu dit qu'on a l'impression d'avoir le shérif de Nottingham à l'hôpital, qui va prendre aux plus pauvres pour donner à ceux qui sont un peu plus riches, assène Franck Calleja. Les catégories d'agents avec les rémunérations les plus basses comptent vraiment sur cette prime de fin d'année, ils attendent cet argent."

De son côté, la direction du CHCB se défend de pénaliser ses effectifs, et affirme que cette nouvelle répartition n'impactera en rien les primes de tous les autres agents. "On ne change rien aux modalités de répartition, assure Frédéric Espenel, directeur général du centre hospitalier de Bayonne. L'enveloppe globale pour la prime de service est estimée cette année à 5,6 millions d'euros, soit 730 000 euros de plus que l'année dernière. Je ne prends d'argent à personne, puisque cette somme n'avait pas été distribuée l'année dernière."

A situation équivalente, personne ne sera perdant. Chacun percevra une prime de service au moins égale à celle de l'année dernière.

Frédéric Espenel

Directeur général du centre hospitalier de la côte basque à Bayonne

Pour le directeur, cette décision répond à un besoin de revaloriser le poste d'encadrant à l'hôpital, dont la pénibilité au travail ne serait pas assez reconnue. "Ils n'ont pas plus de jours de congés, pas d'heures supplémentaires, donc ils se retrouvent parfois dans des situations où ils sont moins bien payés que des agents sous leurs ordres, énumère Frédéric Espenel. Ils sont aussi amenés à faire des remplacements, donc à occuper plusieurs postes simultanément."

1,5 % de l'enveloppe globale

Leur attribuer une petite partie de la prime de service - environ 1,5 % de l'enveloppe globale, selon le directeur du CHCB - permettrait de faire un geste vers l'encadrement hospitalier, où le CHCB peine à recruter. "Partout ailleurs en France, il existe déjà des dispositifs pour valoriser les cadres. Alors, quand l'un d'eux vient chez nous, il perd de l'argent... C'est une manière pour nous de rattraper les autres établissements", conclut Frédéric Espenel.

Les syndicats, eux, souhaitent que l'argent supplémentaire profite de manière "équitable, pour tout le monde". Et ils s'attendent à une forte mobilisation le 19 décembre, car le sujet rassemble de nombreux agents du centre hospitalier de Bayonne. Faute d'accord avec la direction, ils pourraient envisager de prolonger la grève, en concertation avec le personnel.

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