Son activité a été suspendue depuis le drame ayant coûté la vie à une jeune femme lors de son accouchement. La commission d'offre de soins s'était déjà prononcée pour la fermeture de l'établissement, mais c'est à l'Agence régionale de Santé de trancher. Elle devrait le faire aujourd'hui.
Le 3 octobre dernier l'Agence Régionale de Santé disait vouloir "se donner du temps" pour prendre une décision. Aujourd'hui ce devrait être chose faite. Le sort de la maternité d'Orthez serait être scellé.L'affaire Helga Wauters
Dans la nuit du 26 au 27 septembre dernier, Helga Wauters, anesthésiste belge intervient dans l'accouchement d'une femme de 28 ans. Lors de ses différentes auditions, Helga Wauters a reconnu "avoir bu" le soir des faits. Ce soir-là, Helga Wauters, fait sa péridurale à la patiente, puis sort boire "un verre de rosé" chez des amis.Mais l'accouchement se passe mal et une césarienne devient nécessaire. L'équipe médicale appelle au téléphone l'anesthésiste, qui arrive à pied et sent l'alcool. Alors qu'elle prépare l'anesthésie générale de la patiente, son comportement et son élocution paraissent étranges à ses collègues. J"'étais dans un état second, débordée, ma perception était certainement modifiée", avouera Helga Wauters.
La situation tourne vite au drame: au lieu de se servir du respirateur du bloc opératoire, l'anesthésiste utilise à la place un ballon manuel pour ventiler sa patiente, elle intube les voies digestives au lieu des voies respiratoires. Selon les témoignages cités par la Cour, l'obstétricien qui a la responsabilité de l'accouchement demande alors l'intervention d'un autre anesthésiste, mais aucun remplaçant n'est disponible. Prévenu, le Samu découvrira à son arrivée "une patiente en arrêt cardiaque, cyanosée, et des personnes sur place qui restent inactives". Les secours la raniment et la transfèrent en urgence à l'Hôpital de Pau, où elle décède le 30 septembre. Son bébé, lui, est sain et sauf.
Depuis, Helga Wauters a été mise en examen pour homicide involontaire aggravé. Sa demande de remise en liberté a été rejetée, elle est donc toujours en prison.
On a par ailleurs appris hier via le site belge Sudinfo.be qu'elle avait été licenciée d'un hôpital belge en février de 2013 car son comportement "posait interrogation".
Des problèmes chroniques de recrutement
Une affaire qui n'a fait qu'empirer la situation de la maternité d'Orthez dont le sort était déjà sur la sellette depuis plusieurs mois.Le manque de moyens humains était au coeur de la contestation des salariés. La maternité avait des problèmes chroniques de recrutement de gynécologues-obstétriciens.
Le 3 octobre dernier, la Commission d'offre de soins avait rendu son avis à l'ARS. Elle se positionnait pour la fermeture de la maternité.
Pour autant l'Agence Régionale de Santé avait annoncé vouloir "se donner du temps" pour prendre une décision. Elle affirmait alors que si des gynécologues-obstétriciens étaient embauchés de manière pérenne alors la maternité pourrait reprendre son activité.