Colère des routiers : ils annoncent des barrages filtrants sur les autoroutes d'Aquitaine samedi 7 décembre

Des barrages organisés par les transporteurs routiers su syndicat "OTRE ", décembre 2013. Des files de camions étrangers sont arrêtées sur l’autoroute et la circulation des voitures ne se fait que sur une file. / © Chopin Jean Daniel MAXPPP
Des barrages organisés par les transporteurs routiers su syndicat "OTRE ", décembre 2013. Des files de camions étrangers sont arrêtées sur l’autoroute et la circulation des voitures ne se fait que sur une file. / © Chopin Jean Daniel MAXPPP

La colère gronde chez les transporteurs routiers. En cause, un rabot fiscal que le gouvernement veut supprimer. Ils annoncent des barrages filtrants sur l’A62, l’A65 et l’A63 à partir de samedi 7 décembre. 

Par Christine Le Hesran

Voilà qui pourrait bien ajouter de l'incertitude à celle déjà grandissante en fin de semaine sur le front social. Les transporteurs routiers prévoient d'engager des barrages filtrants sur les autoroutes du sud de l'Aquitaine.
C'est un mouvement national pour protester à leur tour. Non pas contre la réforme des retraites comme c'est le thème de la grève qui démarre le 5 décembre. Mais pour contester un projet gouvernemental " visant à alourdir la fiscalité du carburant professionnel du transport routier de marchandises de 2 € / hl (deux centimes par litre)." indique un communiqué de leur organisation professionnelle : OTRE.

A partir de samedi matin 7 décembre, ces routiers veulent perturber la circulation en filtrant les camions sur les autoroutes qui mènent à l'Espagne à deux endroits : 
  • à hauteur de Castets dans les Landes sur l'autoroute A63
 
  • à l'intersection des autouroutes A62 et A 65 entre Bordeaux et Pau.


L'objectif est de bloquer symboliquement les camions étrangers. 

Distorsion de concurrence

Cible de la colère : une disposition du projet de loi de finance 2020 qui vise à payer les infrastructures. " Payer les infrastructures, on n'est pas contre." explique la Landaise Caroline Augé, la représentante régionale de l'organisation OTRE.

L'organisation professionnelle dit avoir fait, depuis plusieurs mois, des propositions pour éviter le bras de fer. Comme faire plutôt payer le donneur d'ordre, le chargeur, celui qui commande le transport. Cela aurait le mérite pour les transporteurs français de mettre tout le monde à égalité, professionnels de l'hexagone et étrangers. Là, cette disposition ne contraint financièrement que les transporteurs français d'après le syndicat OTRE.

" Nos marges de manoeuvre sont faibles. Deux centimes de rabot, c'est 600 à 800 euros par véhicule. " ajoute Caroline Augé. Pas tenable pour mes PME ou TPE qui forment le plus gros bataillon des transporteurs routiers. 
 
 

Lasses de ne pas se sentir défendues et entendues, les entreprises du transport routier exprimeront dans la rue la légitime colère de la profession à partir du samedi 7 décembre prochain et les jours suivants.
communiqué sur le site site de l'organisation OTRE

Course contre la montre

Dernière ligne droite pour les professionnels de la route. Les députés ont adopté en première lecture la disposition en question qui figure à l’article 19 du Projet de loi de finance 2020. En revanche,  les sénateurs sont allés dans le sens des transporteurs en votant contre le 25 novembre.

La touche finale se joue dans les jours qui viennent avec le dernier passage devant les députés. Le syndicat continue son travail de sensibilisation auprès des élus pour trouver un compromis qui permette de taxer également les transporteurs routiers étrangers qui ne font que  traverser la France, sans apporter leur contribution au financement des infrastructures qu'ils utilisent. 
 

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