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François Bayrou sous la menace d'une mise en examen ?

© IROZ GAIZKA / AFP
© IROZ GAIZKA / AFP

Les révélations d'un ancien collaborateur du Modem, mercredi, sur les pratiques du parti risquent de fragiliser la position du Ministre de la Justice François Bayrou, en charge du projet de loi sur le rétablissement de confiance dans la vie démocratique. S'il est mis en examen, il devra démissionner

Par CA

Il y a d'abord eu le livre de Corinne Lepage, publié en 2014, qui avait révélé certaines pratiques.

L'ancienne député européenne écrit dans son "Les Mains Propres" que le Modem avait exigé de ses assistants parlementaires qu'ils travaillent pour le parti de François Bayrou à Paris. Ce qu'elle a toujours refusé.

Elle affirme également que la secrétaire particulière de François Bayrou était rémunée par l'enveloppe d'assistants parlementaires de Marielle De Sarnez. Interrogée par l'Opinion.fr, elle explique avoir voulu, dans son livre, "décrire le système Le Pen en montrant que ce n'était pas le seul". Pour le Modem, c'était la "même mécanique mais pas à l'échelle industrielle" du FN précise t-elle

Corinne Lepage interrogée sur Lopinion.fr
Elle explique que le Modem lui a demandé de faire travailler ses assistants parlementaires européens pour le parti de François Bayrou à Paris.

Mercredi, nouveau coup dur pour le fondateur du Modem. Un ancien salarié du parti fait parvenir un courrier de dénonciation au parquet de Paris. 

Recruté par le parti centriste, il affirme que sa rémunération provenait en partie de l'enveloppe de l'ancien député européen du sud-est Jean-Luc Bennahmias. Les faits remontent à 2011 et des documents le prouverait. Il précise "n'avoir jamais mis les pieds au Parlement Européen", ni dans la circonscription de Jean-Luc Bennahmias.

Le Modem a immédiatement contesté ces faits en affirmant avoir respecté "toutes les règles". Jean-Luc Bennahmias se défend : "il dit qu'il n'a jamais travaillé pour moi! Il a dû oublier". "Il répercutait le travail que je faisais au Parlement européen sur le site internet du MoDem" et était en relation avec "mes autres assistants parlementaires à Bruxelles
et à Marseille
", explique t-il. 

L'ex-salarié explique, sous couvert d'anonymat, que la direction du MoDem lui aurait fait signer un contrat de permanent à
temps plein, puis un avenant de détachement précisant qu'il exercerait des fonctions de collaborateur de M. Bennahmias à temps partiel, sans mention faite du nombre d'heures.

Le Modem se défend


"Tout salarié qui a travaillé dans les équipes du Modem ces dernières années, souvent à temps partiel, a été rémunéré par le mouvement de manière parfaitement transparente en fonction du service effectivement assumé pour notre formation politique", a
indiqué le parti.

"On essaie de viser mon ami François, mon amie Marielle, mon amie Sylvie", se désole Jean-Luc Bennahmias, en allusion à François Bayrou, Marielle de Sarnez, et Sylvie Goulard, les trois ministres Modem du gouvernement.

Le Premier Ministre Edouard Philippe, interrogé ce matin sur Europe 1, "ne croit pas que la position de François Bayrou soit fragilisée". rappelant toutefois la règle en vigueur : "les ministres qui seraient mis en examen devront démissionner".


Les soupçons d'emplois fictifs au Parlement européen sont déjà au coeur de deux procédures judiciaires.

Une enquête préliminaire pour abus de confiance, visant 19 eurodéputés de tous bords, dont la ministre Marielle de Sarnez, a été ouverte par le parquet de Paris le 22 mars. 

 

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