12 ans de réclusion criminelle : Frédéric de Chérancé reconnu coupable de violences volontaires ayant entraîné la mort

Les jurés de Pau n'ont pas retenu le qualificatif de meurtre pour l'auteur du coup mortel. L'avocate générale avait pourtant argumenté l'intention de tuer ce matin lors de ses réquisitions. Frédéric de Charancé, qui comparaissait libre, part donc en prison. 

 

Dans le box des accusés, Frédéric De Chérancé condamné ce jeudi 11 mars par la Cour d'Assises des Pyrénées-Atlantiques
Dans le box des accusés, Frédéric De Chérancé condamné ce jeudi 11 mars par la Cour d'Assises des Pyrénées-Atlantiques © Elise Daycard

Les jurés et la Cour en ont décidé ainsi : Frédéric de Chérancé dormira en prison ce jeudi soir. Sa famille est en larmes à l'énoncé du verdict.
Ils l'ont condamné à 12 ans de réclusion criminelle. Ils ont requalifié les faits en violences volontaires avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Et non le meurtre.
Baptise Sallefranque a été tué  un soir d'août 2016,  d'un coup de couteau de chasse. Les deux hommes se trouvaient à un feu rouge. L'auteur du coup mortel a klaxonné la voiture devant lui. Le conducteur est sorti, a tapé du poing sur le coffre. En réponse à ce comportement incivique, il va recevoir dans le coeur 18 cm d'acier. La victime n'est pas armée. 

Les jurés ont donc atténué la peine requise ce matin. Pour l'avocate générale, le meurtre ne fait aucun doute. Elle détaille dans ses réquisitions l'intention de donner la mort qui est bien réelle pour le ministère public.
 

Personne ne doit mourir pour ne pas avoir démarré au vert et perdu un concours de virilité débile.

Orlane Yaouanc - avocate générale 


Une mort pour rien selon la représentante du ministère public.

Légitime défense

L'avocate de Frédéric de Chérancé, Alexandrine Barnaba, a donné le ton ce jeudi matin : "Je vais plaider au bénéfice de la certitude. S'il ne sort pas de la voiture avec une arme, il est fracassé" dit-elle de son client.
Elle a instauré un climat de tension face aux jurés, alternant différents tons, en criant même pour rappeler la scène.
Elle a bâti son argumentation sur la légitime défense, elle avait depuis lundi plutôt dénoncé l'intention de tuer qui était attribuée à l'auteur du coup mortel. Et toujours la peur. Celle de son client face au conducteur qui s'avance vers lui, il croit aussi apercevoir deux autres hommes dans la voiture. Se défendre, il ne pouvait pas faire autrement, elle en est convaincue. Il utilise alors ce couteau de chasse offert pas son frère. Il l'avait dans sa voiture car il s'en servait comme d'un outil. 

La peur est le résultat de ce danger présent autour de lui, il sent que l'autre est prêt à se battre. 
La justice que vous devez rendre est celle que vous voulez qu'on vous applique ou à vos proches. 

Maître Alexandrine Barnaba - avocat de Frédéric de Chérancé -

 

Avant que les jurés ne se retirent pour délibérer, les dernières paroles reviennent ce jeudi matin à l'accusé en pleurs : " Je suis papa de quatre enfants. Je comprends que j'ai ôté la vie à un enfant. Je comprends la douleur de cette famille, je n'ai pas les mots pour m'exprimer. C'est déplacé de demander pardon et de faire des excuses."

La valeur d'une vie

Ce matin, l'avocat de la famille de la victime, Maître Thierry Sagardoytho, a relevé que Frédéric de Chérancé n'a jamais demandé pardon pour son geste. Au terme d'une matinée dense et pour conclure trois jours de débat intenses, l'avocat de la famille de la victime Baptiste Sallefranque a entendu cette reconnaissance du meurtre par l'avocate générale :  " La partie civile est rassurée de voir que la société n'a pas banalisé le caractère dramtique de ce crime. Que la vie est une valeur cardinale de notre société. "  Maître Sagardoytho rappelant le risque majeur que de tels faits se renouvellent s'ils étaient banalisés.  

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