Pau : une gynécologue au tribunal pour répondre du décès d'une maman et son bébé

Pourquoi Emeline et l'enfant qu'elle devait mettre au monde sont-ils décédés à la clinique de Pau ? La gynécologue est à la barre du tribunal pour déterminer si oui ou non le diagnostic d'une occlusion intestinale aurait pu être réalisé. Le procureur demande la relaxe.

La salle d'audience à Pau avec la maman d'Emeline à gauche. La famille mène un combat judiciaire depuis huit ans.
La salle d'audience à Pau avec la maman d'Emeline à gauche. La famille mène un combat judiciaire depuis huit ans. © FTV
C'était une grossesse miracle car Emeline, 24 ans, avait précédemment connu des problèmes de santé en 2010. Durant la grossesse, tout s'est pas bien passé. Mais deux jours avant la date d'accouchement prévue, Emeline est entrée à la polyclinique de Navarre à Pau un jour de juin 2012, prise de violentes douleurs au ventre. Mais Emeline ne survivra pas. Le bébé, une petite fille, non plus. Un choc, un traumatisme pour la famille. Le père d'Emeline a donc porté plainte pour comprendre pourquoi ? Y a-t-il eu erreur médicale ? " Après huit ans, j'ai toujours cru que j'arriverais à avoir un procès pour obtenir la justice et un débat pour que les choses avancent dans ce milieu et que ça puisse servir à des futures mamans, que des changmeents puissent arriver dans ces cliniques. "

J'attends la reconnaissance des négligences ou des fautes qui ont causé la mort des enfants.

José Perfeito - père d'Emeline , grand-père d'Anna

 
José Perfeito, mère d'Emeline et grand-père d'Anna, toutes deux décédées à la clinique alors qu'elle était à deux jours du terme.
José Perfeito, mère d'Emeline et grand-père d'Anna, toutes deux décédées à la clinique alors qu'elle était à deux jours du terme. © Laurianne de Casanove
Polyclinique de Navarre à Pau
Polyclinique de Navarre à Pau © FTV

La gynécologue à la barre

C'est la gynécologue qui avait déjà rencontré Emeline plusieurs fois durant la grossesse qui est poursuivie pour homicide involontaire et doit expliquer devant le tribunal correctionnel les circonstances de la prise en charge à la clinique et de la mort de la jeune femme. 
Emeline est décédée des suites d'une occlusion intestinale mal diagnostiquée. La praticienne affirme, à la barre, avoir mis en place la surveillance nécessaire et ne pas avoir constaté les symptômes d'une occlusion tels les vomissements. 
Les expertises ont eu lieu durant l'enquête et la troisième en 2017 a conclu à un " décès pour cause non prévisible ". En clair, aucun praticien n'avait diagnostiqué une malformation congétinale, une pathologie très grave qui a conduit à cette occlusion. Un diagnostic particulièrement difficile à réaliser en fin de grossesse selon le rapport. La prise en charge à l'arrivée d'Emeline était donc conforme selon l'expertise. En 2018, le magistrat rend une ordonnance de non lieu. Mais les trois expertises ne disent pas la même chose. 
La famille fait appel de ce non lieu, et la Cour d'Appel lui donne raison et considère qu'il doit y avoir un procès. La cour de cassation rejette la requête de la praticienne.

Les regrets du médecin

La gynécologue, voix claire et le visage visiblement ému raconte " Emeline n'était pas un numéro. J'avais des affinités avec elle et son compagnon. je l'ai vu régulièrement. Ça crée des liens et on ne peut pas être indifférent  après ça. " Elle pratique l'obstétrique depuis 35 ans. Elle exprime des regrets et de la peine mais croit n'avoir rien à se reprocher. Pour elle, elle n'a pas commis d'erreur. Ce n'est évidemment pas l'avis de la famille. 
Mais le procureur de Pau a finalement demandé la relaxe " car il s'agit d'appliquer le droit et non de tomber dans l'émotion ". 
 
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