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Témoignage sur harcèlement scolaire : “J'allais à l'enfer tous les jours”

image d'illustration / © MAXPPP / PHOTOPQR / L'EST-ECLAIR / LUDOVIC PETIOT
image d'illustration / © MAXPPP / PHOTOPQR / L'EST-ECLAIR / LUDOVIC PETIOT

A l'occasion de la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire, plusieurs opérations de sensibilisation se déroulaient ce 8 novembre en Limousin. Aujourd'hui, Aurélie se mobilise pour dénoncer contre un phénomène qu'elle connaît bien pour en avoir été victime.

Par Hélène Abalo

Pour Aurélie, le harcèlement a commencé dès le plus jeune âge, en grande section de maternelle. Aujourd'hui, l'enfant est devenue une adolescente de 15 ans qui tente de se reconstruire. Alors qu'elle participait, ce 8 novembre 2018 à un atelier organisé en Haute-Vienne à l'occasion de la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire, elle a accepté de nous livrer son témoignage. Elle est aujourd'hui une "Sentinelle".
 
Aurélie, victime de harcèlement scolaire
Aurélie a été victime de harclèment scolaire en classe de maternelle et au primaire. Aujourd'hui, l'adolescente accepte de témoigner.  - France 3 Limousin - Cécile Descubes, Valérie Agut

On me reprochait d'être grosse, alors que je crois que je ne l'étais pas vraiment. On me reprochait d'exister. Quand des gens s'en prennent comme ça à une personne, c'est qu'ils ne veulent pas qu'elle vive.

"Tout cela a commencé dès la grande section de maternelle puis au CP. Un groupe de trois filles, qui avaient peut-être le besoin d''exprimer leur mal-être ou je ne sais quoi, s'en sont prises à moi et je me suis retrouvée toute seule avec des réflexions, des coups. Elles me disaient qu'elles me frapperaient si je ne leur donnais pas la balançoire, elles me bousculaient."

Les élèves se suivent alors dans la même classe jusqu'au CM1. Et la situation de Chloé reste la même. Celle du bouc émissaire, victime de l'effet de groupe. 
"On se sent vraiment très mal. On se dit que c'est notre faute. Ça ne peut pas être de la faute des autres puisqu'ils sont tous comme ça. Alors, on a envie de se faire toute petite, de se faire oublier, mais ça ne fonctionne pas. Je ne voulais plus aller à l'école, le matin je pleurais. J'allais à l'enfer tous les jours". 
 

Ma maîtresse m'a dit que c'était à moi de changer

"C'est d'autant plus difficile que dans l'établissement dans lequel j'étais, les enseignants n'étaient pas derrière moi. Ils ne m'ont pas soutenue. Ma maîtresse m'a demandé pourquoi je n'allais pas bien et lorsque je lui ai avoué ce qui m'arrivait, elle m'a répondu que c'était à moi de changer. Que c'était ma faute. Alors je me suis dit, elle doit avoir raison. Je n'avais pas envie de mourir, mais je ne voulais plus exister. Ça ne servait à rien d'exister si c'était pour vivre ça. Je crois que certains enseignants ne veulent pas savoir pour ne pas avoir ce problème à gérer."

 

Ce sont mes parents qui m'ont sauvée  

"Je tenais un journal, il était dans ma chambre. Voyant que je n'allais pas bien, ma mère l'a lu. En venant me chercher à l'école elle m'a dit 'Maintenant je sais' et mes parents m'ont démontré que tout cela n'était pas de ma faute. J'ai changé d'école."
 

J'ai encore des séquelles

"Aujourd'hui, je m'en suis sortie. Je suis au lycée. J'ai des amis. Mais j'ai encore des difficultés dans mes relations sociales. Quand quelqu'un me fait une réflexion même sur le ton de l'humour, j'ai toujours peur que cette personne pense vraiment ce qu'elle me dit."

Je pense que ca  me suivre toute ma vie. Quand on est au fond du gouffre, on remontera jamais tout en haut.


Aurélie est aujourd'hui "réfèrent" sur harcèlement scolaire. Elle veut libérer la parole. Dire aux autres victimes qu'il faut se confier, en parler autour de soi, "sinonça ne peut pas s'arrêter de la bonne façon". 
© Valérie Agut - France 3 Limousin
© Valérie Agut - France 3 Limousin


Le 32 20

Selon un rapport publié ce jeudi 8 novembre par l’Unicef, en France, un enfant sur deux est victime d’harcèlement scolaire dès 7 ans. Un adolescent sur quatre à 18 ans. Celle violence prend différentes formes. Près d’un enfant sur trois dit subir des attaques ou moqueries blessantes. Transports et surtout réseaux sociaux, le harcèlement dépasse largement l’enceinte scolaire. Un numéro d'appel gratuit, le 32 20, est à la disposition des élèves, des parents et des professionnels de l'éducation. 

 

 

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