Une nouvelle tarification pour la collecte des ordures mobilise de nombreux citoyens en Vienne-et-Gartempe

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Écrit par Marine Nadal

La mise en place d’une nouvelle tarification pour la collecte des ordures mobilise de nombreux citoyens dans l’est du département de la Vienne. Ces usagers dénoncent une facture en hausse et un service défaillant. Le gestionnaire nous indique qu'une période d'adaptation est nécessaire.

Le collectif est né il y a tout juste quinze jours. La page Facebook "SIMER-Merci Collectif citoyen" regroupe 376 membres et la pétition en ligne comptabilise déjà 1.247 signatures ce jeudi 17 février. Tant d’émoi pour… des poubelles.

Depuis la mi-janvier, les 85 communes membres du SIMER (Syndicat interdépartemental mixte pour l’équipement rural) expérimentent un nouveau calendrier de collecte des ordures. Sont concernés : la Communauté de communes Vienne et Gartempe, ainsi que des communes à l’est de Châtellerault et le Civraisien.

Tous ces usagers devront désormais s’acquitter de la redevance incitative. Elle remplace la REOM (Redevance d’enlèvement des ordures ménagères) et se compose d’une part fixe et d’une part variable, calculée en fonction du nombre d’habitants au foyer et du volume de déchets jetés. Des nouveautés pour un double objectif : encourager les habitants à trier davantage et réduire leur volume des déchets.

Des poubelles qui débordent

Une ambition louable et dans l’air du temps. Oui, mais voilà : depuis sa mise en place, le système connaît quelques ratés. En témoignent les clichés de poubelles qui débordent publiés par des riverains sur les réseaux sociaux.

Les plaintes se multiplient en ligne. "Un mois que c’est mis en place, un passage tous les 15 jours et toujours pas vu le camion pour ramasser nos poubelles" ou "Marre de voir les bords de route jonchés de poubelles", peut-on lire en commentaires sous la pétition.

Catherine Bachelier a une résidence sur la commune d’Angles-sur-l’Anglin. A l’origine du collectif, elle dénonce : "On constate des dépotoirs à ciel ouvert. C’est regrettable dans l’un des plus beaux villages de France". Pour elle, la collecte des sacs noirs et jaune est passée d’une fois par semaine à une fois toutes les deux semaines. Comme pour une majorité d’usagers. "Une restauratrice de Saint-Savin a dû demander un passage tellement les bacs débordaient !"

Une facture alourdie

Craintes en termes d’hygiène, mais aussi peur des incivilités. "Une fois le bac plein, chaque sac supplémentaire sera facturé en plus. Certains pourraient être tentés de déposer leurs ordures un peu plus loin", explique Catherine Bachelier.

Car il y a un deuxième point noir, selon le collectif : le coût de la collecte augmente pour de nombreux habitants. Alors que la fréquence de passage du camion-poubelle diminue. Le collectif citoyen a fait ses comptes : "la part fixe que nous devrons payer sera supérieure au tarif de 2021 […] compte tenu des économies attendues sur la baisse des volumes collectés et traités, il serait logique qu’[elle] soit ramenée en-dessous du prélèvement 2021. Il y aurait là une véritable incitation !"

Sur son site internet, le gestionnaire affiche ses ambitions : réduire de 40 % le volume des ordures résiduelles d’ici 2025. Soit 120 kg par an et par habitant dans les sacs noirs. C’est 200 kg aujourd’hui. Et ces déchets finissent en centre d’enfouissement.

Patrick Royer, Président du SIMER, explique qu’en 2025, "il en coûtera 65 € pour une tonne enfouie, contre 18 € actuellement. Quand l’on voit que près des trois-quarts du contenu d’un sac est en fait valorisable et n’a rien à y faire."

Sur les poubelles qui s’amoncellent par endroits, il concède : "il y a des anomalies, nous allons nous améliorer." Le président assure que la distribution de bacs individuels fermant à clef pour 90 % des usagers les protégera des dépôts sauvages.

Face aux critiques, Patrick Royer rappelle que la mise en place de la redevance incitative a été validée par l’ensemble des maires des communes concernées. Pour justement maîtriser les coûts. Selon lui, 65 % des foyers devraient voir leur facture baisser si des efforts sont faits pour mieux valoriser les déchets (compost, apport en déchèterie ou borne textile).

"Les gens doivent comprendre que la redevance ne finance pas seulement le ramassage des ordures ménagères mais aussi la gestion des déchèteries, du centre de tri et de la plateforme de compostage. Sans oublier les actions de sensibilisation."  En 2021, 2.300 composteurs ont été distribués sur le territoire moyennant 15 €. Le SIMER a aussi proposé une participation financière aux ménages souhaitant investir dans les couches lavables pour leur bébé ou les culottes menstruelles.