Fonderies : l'État prête 10 millions à Alvance pour éviter la liquidation

Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, et Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l’Industrie, octroient un prêt de l’État du Fonds de développement économique et social de 10 millions € à Alvance Aluminium Downstream SAS. 6,9 millions iront aux fonderies d'Ingrandes.

Le site des fonderies d'Ingrandes-sur-Vienne, le 20 avril 2021.
Le site des fonderies d'Ingrandes-sur-Vienne, le 20 avril 2021. © Alexandre Keirle - France Télévisions

Une bouffée d'oxygène pour les fonderies d'Ingrandes-sur-Vienne : l'État a octroyé, hier lundi 4 mai, un prêt de 10 millions d'euros à la société Alvance, propriété du magnat indo-britannique de l'acier Sanjeev Gupta, pour éviter la liquidation judiciaire à trois de ses fonderies françaises.

Le prêt bénéficiera aux filiales de cette société à Ingrandes près de Châtellerault: Alvance Poitou Fonte, à hauteur de 3,3 millions d'euros, et Alvance Aluminium Poitou, à hauteur de 3,6 millions d'euros; ainsi qu'Alvance Aluminium Wheels à Diors près de Châteauroux (Indre), à hauteur de 3,1 millions d'euros, précise le ministère dans un communiqué.

Représentant CGT à la fonderie aluminium d'Ingrandes-sur-Vienne, Jean-Philippe Juin accueille positivement cette annonce mais pondère : "Ces 3,6 millions d'euros vont servir à nous maintenir la tête au-dessus de l'eau car on a des pertes de l'ordre d'un million d'euros par mois", indique-t-il. "Au bout de trois mois, s'il n'y a pas de repreneur, qui prendra la suite ?"

Nous sommes pleinement mobilisés pour accompagner la recherche de repreneurs et mettre en oeuvre les mesures du plan d'actions pour la fonderie automobile. 

Bruno Le Maire, ministre de l'Economie

Les trois équipementiers automobiles de la Vienne et de l'Indre, totalisant quelque 850 salariés, ont été placés le 20 avril en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Paris.

Ce sont les premières sociétés du groupe de Sanjeev Gupta à avoir déposé le bilan depuis la chute de la société financière britannique Greensill, à qui le conglomérat doit des milliards d'euros.

Pas de liquidation judiciaire immédiate

Ce prêt est versé au titre du programme du fonds de développement économique et social (FDES), selon un arrêté publié dimanche au Journal officiel. Il permet "d'éviter la liquidation judiciaire immédiate des sociétés et de financer une période d'observation de trois mois pour réaliser une recherche de repreneurs", selon le ministère.

"Nous sommes pleinement mobilisés pour accompagner la recherche de repreneurs et mettre en oeuvre les mesures du plan d'actions pour la fonderie automobile", soulignent le ministre de l'Economie Bruno Le Maire et la ministre déléguée chargée de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher.

Alors que plusieurs fonderies automobiles sont en grande difficulté, le gouvernement a proposé le 26 avril ce "plan d'action" qui comprend un fonds exceptionnel de 50 millions d'euros pour la reconversion des salariés, et veut promouvoir des démarches de consolidation du secteur". 

Au lendemain de cette première annonce, aux fonderies d'Ingrandes-sur-Vienne, ce "plan d'action" avait été jugé sévèrement par les syndicats, la CGT y voyant "un plan d'accompagnement des licenciements" alors qu'il demandait "un vrai accompagnement à la diversification".

Des salariés des fonderies du Poitou d'Ingrandes-sur-Vienne manifestent devant l'hôtel de ville de Châtellerault (Vienne), le 6 mars 2019, pour la sauvegarde de leur outil de travail.
Des salariés des fonderies du Poitou d'Ingrandes-sur-Vienne manifestent devant l'hôtel de ville de Châtellerault (Vienne), le 6 mars 2019, pour la sauvegarde de leur outil de travail. © Clément Massé - France Télévisions

"Convergence de nos luttes"

Les salariés et les représentants syndicaux maintiennent leur mobilisation en faveur de la sauvegarde de leur outil de travail. Les fonderies d'Ingrandes accueillent ce mercredi leurs collègues des fonderies MBF situées dans le Jura.

Il faut donner de la visibilité aux difficultés rencontrées par les six fonderies de France, toutes liées à Renault. 

Jean-Philippe Juin, délégué syndical CGT à la fonderie aluminium

 

"Eux aussi sont placés en redressement judiciaire. Ils entament un tour de France de toutes les fonderies de France", explique Jean-Philippe Juin. "L'idée est de parvenir à faire converger nos luttes", précise-t-il. "Il faut donner de la visibilité aux difficultés rencontrées par les six fonderies de France, toutes liées à Renault. Il va falloir un jour nous expliquer pourquoi toutes ces fonderies tombent les unes après les autres."

Des salariés des fonderies d'Ingrandes ont également prévu de participer à une journée d'actions de la filière automobile en France, jeudi 6 mai. Un déplacement est prévu au Mans devant l'usine Renault de la ville avant une prochaine réunion du CSE le 18 mai prochain. 

 

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