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Ingrandes-sur-Vienne : débrayage aux Fonderies du Poitou après l'annonce de mesures de chômage partiel

Les salariés des Fonderies du Poitou se sont rassemblés devant l'usine ce jeudi matin 19 septembre. / © Francis Tabuteau/ France Télévisions
Les salariés des Fonderies du Poitou se sont rassemblés devant l'usine ce jeudi matin 19 septembre. / © Francis Tabuteau/ France Télévisions

Près de 300 salariés des Fonderies fonte et Alu Fonderies Liberty à Ingrandes-sur Vienne, au nord de Châtellerault, ont débrayé ce jeudi matin en se rassemblant devant leur usine.

Par Clément Massé

Ce mouvement de grève intervient à la veille du premier jour d’activité partielle programmée qui aura lieu demain vendredi.
En CE extraordinaire, il y a deux semaines la direction de l’usine avait annoncé aux salariés 50 jours d’activité partielle jusqu’à la fin de l’année 2019.

Des investissements qui tardent à venir

Un salarié rencontré ce matin estime "ne pas voir d’éléments positifs et rassurants quant à l’avenir de l’usine". Il dit "ne pas comprendre" et précise : "Renault a pris des engagements au moment de la reprise. Trois mois après on ne comprend toujours pas pourquoi Liberty ne fait pas les investissements promis. L’État a été alerté mais personne ne réagit".

Pour Serge Rioult, délégué syndical CFE CGC, "Renault n’a pour l’instant pas tenu ses promesses". 

On observe des retards dans la remise à niveau des outils de travail et donc dans la diversification du site
- Thierry Waye, délégué syndical CGT.

Il précise : "Aujourd’hui la seule action positive a été le renforcement du service commercial".

"De la colère à la résignation"

En avril dernier, au moment de la reprise des Fonderies Fonte et Alu (ex St Jean Industries) par le groupe anglais Liberty House, le constructeur français Renault, principal donneur d'ordre de l'usine, avait garanti qu'il fournirait un carnet de commandes suffisant pour les quatre prochaines années.
 623 emplois sur près de 900 avaient été sauvegardés grâce à cette reprise. Liberty House s'était par ailleurs engagé à diversifier les clients des deux sites devenus Liberty Engineering Poitou. La production avait repris à un rythme normal au début du mois de mai mais après un peu plus de trois mois d'activité, des mesures de chômage partiel sont prises.
La CGT observe que "les collègues sont dépités et dans la lassitude. Il y a de la résignation plus que de la colère aujourd’hui". Les salariés disent avoir l'impression que l'histoire se répète.

Des résultats attendus par la direction à la fin 2020

Joint par téléphone, Philippe Baudon directeur France de Liberty estime au contraire que "les choses progressent".

« On avait annoncé que ça prendrait du temps ça en prend, surtout pour tout ce qui concerne la diversification du site. On a développé l’équipe commerciale, on est en contact avec des clients. Les résultats devraient se faire sentir fin 2020. Pour moi nous sommes dans la normale. »

Signe d’une certaine fébrilité sur le dossier, un rendez-vous est prévu demain en préfecture à Poitiers avec l’ensemble des acteurs du dossier des Fonderies d’Ingrandes.
 

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