Après la dégradation des locaux du Planning familial de la Vienne, un climat qui inquiète

Des autocollants anti-avortement sur tout le bâtiment du Planning familial de la Vienne. Des pressions révélatrices d'un contexte délétère attisé par l'extrême droite selon plusieurs associations, syndicats et partis politiques qui le dénoncent dans un communiqué. 

Les locaux du Planning familial de la Vienne dégradés avec des autocollants anti-avortement sur toutes les fenêtres du bâtiment.
Les locaux du Planning familial de la Vienne dégradés avec des autocollants anti-avortement sur toutes les fenêtres du bâtiment. © Planning Familial de la Vienne

C’était le lundi 14 juin dernier. À l’heure de l’ouverture de la permanence hebdomadaire du planning familial de la Vienne dans ses locaux de Poitiers, les bénévoles ont eu la mauvaise surprise de découvrir des autocollants anti-avortement sur le bâtiment. « Il y en avait vraiment partout, sur toutes les fenêtres », raconte Héloïse Morel, bénévole au planning familial.

Sur ces autocollants, il est inscrit : « Le droit à l’avortement est un danger, contre-attaquez ! » À ce slogan, est associée l'image violente d’un fœtus poignardé. Une tentative d’intimidation qui ne prend pas auprès des bénévoles du planning familial ayant, par ailleurs, porté plainte.

Selon Héloïse Morel, cette attaque est significative du climat actuel : « Nous ne sommes pas la seule structure à avoir subi des dégradations, on sent une atmosphère délétère en ce moment. » Le cas de Poitiers n’est effectivement pas isolé. Depuis le début de l’année, les Plannings familiaux de Paris, Nantes, Strasbourg et Bordeaux ont subi les mêmes dégradations, avec les mêmes autocollants. Il s’agirait donc d’une tendance nationale.

« Au niveau local, nous avons de fortes inquiétudes sur ces événements. On ne voudrait pas que ça prenne des tournures dramatiques comme ce qu’on a pu voir aux Etats-Unis où des militants anti-avortement dérivaient dans la violence physique », se préoccupe la bénévole Héloïse Morel. Plus encore, c’est le contexte général qui interroge. D’autres associations ou même partis politiques subissent, à Poitiers, des pressions de ce type.

C’est en ce sens qu’un communiqué de différentes associations, syndicats et mouvements politiques a voulu dénoncer ces agissements. Parmi les cosignataires : Amnesty Poitiers, Attac 86, DNSI 86, Education.world 86, la Ligue des Droits de l’Homme 86, Les Ami.e.s des Femmes de la Libération, RESF 86, Soroptimist Poitiers, Théâtre du Peuple, Union européenne des femmes 86, la CGT 86, CNT-So, FSU 86, Solidaires 86, EELV 86, Ensemble!86, Génération•s Vienne, Les Jeunes Génération•s Vienne, LFI 86, le PCF 86, le Parti de Gauche 86 et le NPA86. Ensemble, ils identifient les auteurs de ces actes qui pour eux ne font pas de doutes : les mouvements d’extrême droite.

« Le climat politique actuel nous inquiète profondément : l’extrême droite est de plus en plus présente, dans les discours et sur le terrain. Pour les femmes, comme pour les minorités, l’extrême droite constitue une menace claire, notamment sur le droit à l’avortement. Au moment où ce droit est remis en cause dans de nombreux pays, il est fondamental de répondre très fermement à ces mouvements liberticides », peut-on lire dans le communiqué.

Si l’inquiétude est palpable et nécessite de dénoncer ces agissements, le message reste clair : « L’avortement est notre droit et notre liberté, nous le défendrons sans nous laisser impressionner. »

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