Poitiers. Le boum des dépistages Covid-19 dans la Vienne

Cette première semaine de déconfinement est marquée par une nette augmentation des tests de dépistage dans la Vienne. Les laboratoires privés et le CHU travaillent ensemble pour prélever et analyser.

Dans les laboratoires de Bio 86, seuls les biologistes sont habilités à faire le prélèvement nasal pour dépister le Covid-19
Dans les laboratoires de Bio 86, seuls les biologistes sont habilités à faire le prélèvement nasal pour dépister le Covid-19 © Laurence Cahon - Bio 86

C'est l'horreur

Laurence Cahon a la voix fatiguée. Cette biologiste vient de terminer deux heures non stop de prélèvements en drive devant l'un des laboratoires de Bio 86, à Poitiers. Depuis le 26 Mars, à bord de leurs voitures et munis d'une ordonnance médicale, les patients peuvent se faire prélever pour des dépistages Covid 19. Mais avec le déconfinement, le rythme s'est accéléré. "C'est de la folie, on n'a jamais vu ça. 110 tests lundi, et ce vendredi 15 mai, 200 sur l'ensemble de nos sites", précise Laurence Cahon, également présidente des laboratoires Bio 86.
Face à l'explosion des appels, une ligne dédiée a été mise en place ce vendredi (05.17.84.22.85).
"Ce matin nous avions quatre secrétaires, cet après-midi j'ai été obligée d'en rajouter deux de plus pour répondre au téléphone."
Ces prélèvements en drive se font obligatoirement sur rendez-vous. Un dossier administratif très complet est constitué pour chaque patient, pour une traçabilité optimale. "Ne venez pas spontanément, cela ne sert rien, nous ne pourrons pas faire le prélèvement", martèle la présidente.

30 euros, non remboursés, pour le dépistage par sérologie

En marge de ces tests que l'on appelle PCR avec une prescription d'un médecin généraliste, des dépistages sérologiques pour le Covid-19 sont aussi proposés depuis le 12 Mai. Il s'agit juste d'une prise de sang, pour savoir si une personne a été exposée au Covid-19 et a développé des anticorps. Dans ce cas précis, il n'y a pas besoin d'ordonnance, ni de rendez-vous. Cette semaine, cela représentait dans ce groupe privé, une centaine de tests par jour, non remboursés.
"Pour nous, c'est plus facile à faire car ce sont de simples prises de sang. Nous avons plafonné le prix à 30 euros auquel il faut rajouter l'acte de prélèvement (5 euros en laboratoire)."

Les soignants sont nombreux à opter pour ce test, même si sa fiabilité est toute relative. Pour l'instant, la Haute Autorité de Santé recommande la plus grande prudence. Sur son site internet, l'organisme rappelle qu'en l'état des connaissances scientifiques, ce test de sérologie ne constitue pas un passeport d'immunité.

A Bio 86, on s'attend à une vague encore plus importante de dépistage. "Quand il y aura un cas positif et que les cas contacts seront repérés et dépistés, ce sera pire. Mais nous sommes prêts à augmenter la cadence" affirme Laurence Cahon.

Des prélèvements analysés dans la nouvelle plateforme haut débit du CHU 

Le professeur Lévêque dans la plateforme dédiée au dépistage, du CHU de Poitiers
Le professeur Lévêque dans la plateforme dédiée au dépistage, du CHU de Poitiers © CHU de Poitiers
Ces prélèvements sont ensuite envoyés au CHU de Poitiers pour être analysés. L'hôpital vient tout juste de mettre en fonction sa plateforme de dépistage haut débit. Un assemblage de machines financées et fournies en parties par l'Etat, capables de réaliser jusqu'à 2.000 analyses par jour en fonctionnant 7j/7 et 24h/24.
 
Le CHU de Poitiers et celui de Bordeaux sont les deux établissements retenus en Nouvelle-Aquitaine lors de l'appel à candidature lancée par l'Agence Régionale de Santé. 20 plateformes de ce type ont été installées en France pour remplir l'objectif des 700.000 dépistages hebdomadaires fixés par l'Etat.

17 techniciens de laboratoires recrutés en CDD

Pour l'instant, la plateforme fonctionne à minima. "Nous ne sommes pas du tout débordés ou saturés", explique le professeur Nicolas Lévêque, responsable du service de virologie du CHU. Les prélèvements proviennent des laboratoires de Bio 86, des drives de dépistage du CHU, de Montmorillon et bientôt de Lusignan. Les tests dans les Ehpad des quatre départements terminent aussi ici. "Nous savons que la montée en charge va arriver. En attendant, nous finissons de former notre personnel".

A Poitiers, le CHU a dû recruter 17 techniciens de laboratoires en CDD pour trois mois, pour faire fonctionner ce dispositif. 
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