Chaque jour, en France, un bébé est victime du syndrome du bébé secoué

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Écrit par Sophie Goux

Le secrétariat d'État chargé de l'Enfance et des Familles lance une campagne de sensibilisation à propos du syndrome du bébé secoué. Un nourrisson sur dix n'y survit pas, les neuf autres seront atteints de graves séquelles.

Le syndrome du bébé secoué n'est pas accidentel. Il représente une violence extrême sur un bébé. C'est la forme la plus grave du traumatisme crânien de l'enfant et elle est mortelle dans un cas sur dix. Les neuf autres bébés auront des séquelles parfois très lourdes à vie.

Des secousses violentes sur des cerveaux immatures

Lorsqu'un bébé est secoué violemment d'avant en arrière, son cerveau ballote à l'intérieur de la boîte crânienne et des veines et des vaisseaux sont arrachés et se rompent provoquant une hémorragie et des hématomes sous-duraux. Si le bébé ne meurt pas, il peut être handicapé à vie avec un déficit intellectuel et/ou moteur. C'est ce qu'explique le docteur Alexa Delbeil, médecin légiste et responsable adjointe du service de médecine légale du CHRU de Poitiers.

Les séquelles les plus graves, ça peut être un état neurologique végétatif, une surdité, un handicap moteur ou cérébral. Il faut souvent attendre que l'enfant atteigne l'âge des apprentissages de bases pour déterminer le handicap.

Docteur Alexa Delbeil, médecin légiste

Une violence sans témoins

Les faits se déroulent quand le parent ou la personne qui a la charge du bébé est seul. Ce qui explique souvent le déni devant les médecins ou la police. Et comme le bébé s'arrête de pleurer après avoir été secoué, l'adulte peut parfois réitérer le geste lors d'un autre moment de tension. Le syndrome du bébé secoué peut donc aussi s'inscrire dans le cadre de violences répétées. 

Ce qu'on constate, c'est qu'il peut y avoir un fait unique qui aura des conséquences graves, mais ça peut aussi être dans le cadre de violences régulières.

Docteur Delbeil, médecin légiste

Le parent ou la personne qui a la responsabilité de l'enfant arrivent aux urgences avec un bébé qui présente des vomissements, un état hypotonique, c'est à dire qu'il n'a pas de réactions. Les médecins lancent alors une batterie d'examens pour savoir ce qui provoque ces symptômes 

Le bilan complet il est réalisé pour le syndrome du bébé secoué et d'autres pathologies. On réalise un scanner cérébral, une IRM cérébrale, un bilan biologique un fond d'œil pour rechercher des saignements intra-rétiniens.

Docteur Delbeil, médecin légiste

Ces mêmes examens sont réalisés lors d'une autopsie lorsque le bébé est malheureusement décédé.

Des peines de prison qui peuvent aller jusqu'à la perpétuité

Les auteurs de ces violences encourent des peines parfois très lourdes. De 5 à 20 ans de prison pour des violences volontaires et de 30 ans de réclusion  pour des violences volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner. En cas de meurtre, c'est à dire lorsque l'intention de donner la mort est établie, l'auteur risque la réclusion criminelle à perpétuité.

Voici le visuel qui accompagne la campagne de sensibilisation sur le syndrome du bébé secoué.