Confinement : le succès spectaculaire des livraisons à domicile

Certains s’y sont mis dès le début du confinement, d’autres ont commencé plus tard. Mais pour tous les commerces de bouche qui ont opté pour un service de livraison à domicile, le succès est au rendez-vous.
Stéphane Bidaud, de l’écaillerie Les Embruns, à Poitiers à l'occasion d'une de ses livraisons pendant la période de confinement.
Stéphane Bidaud, de l’écaillerie Les Embruns, à Poitiers à l'occasion d'une de ses livraisons pendant la période de confinement. © Jérôme Vilain - France 3 Poitou-Charente
Ils sont maraîchers, cavistes, bouchers ou écaillers. Ils ont tous fait le choix de livrer à domicile. "J’ai vu des amis maraîchers faire livraison ou drive dès le début du confinement", explique Stéphane Bidaud, de l’écaillerie Les Embruns, à Poitiers. "De mon côté, les deux premières semaines de crise, je n'avais aucune activité et donc aucun revenu. Mais en les voyant, j’ai compris qu’il fallait faire comme eux. La première semaine, c’était correct, mais la deuxième (la semaine dernière, NDLR), j’ai cartonné !" explique l'écailler.
Stéphane Bidaud, de l’écaillerie Les Embruns, à Poitiers
Stéphane Bidaud, de l’écaillerie Les Embruns, à Poitiers © Jérôme Vilain - France 3 Poitou-Charentes

"Rien qu’en livraison (du mercredi au samedi), je fais davantage qu’un samedi matin de marché !", poursuit-il. "Je ne pensais pas que j’allais autant travailler. Résultat : quelques problèmes d’approvisionnement en crustacés au début. Quant aux huîtres, c’est plus facile. Je me fournis en direct, donc je reçois mes commandes en 24 heures."

Livrer, c'est sécuriser l'activité

Même satisfaction du côté du caviste poitevin Antoine Sauvignon. Lui, il a senti le coup dès le début du confinement. "J’ai commencé à livrer à domicile dès le premier samedi, parce qu’il y avait une forte demande."
Le caviste Antoine Sauvignon a très souvent son coffre de voiture plein pour les livraisons.
Le caviste Antoine Sauvignon a très souvent son coffre de voiture plein pour les livraisons. © Antonin Sauvignon pour France 3 Poitou-Charentes

En effet, rapidement, les commandes affluent. La livraison à domicile (deux tournées par semaine) représente désormais la moitié de son chiffre d’affaire et permet de sécuriser l’activité, d’autant que la cave est assez récente (ouverture en décembre 2018). "Sans la livraison, ça aurait été très, très compliqué pour moi", confie Antoine Sauvignon.

Mais pour le patron de la cave Canon, l’aspect social des livraisons est aussi important que l’aspect économique. "Il y a le bonheur de passer un moment avec mes clients. Mes rapports avec mes clients habituels se sont resserrés. Il arrive d’ailleurs que je sois en retard dans ma tournée parce que papote trop avec eux !"

Parfois difficile de satisfaire tout le monde

Le succès des livraisons à domicile est identique pour les maraîchers, et ce, dès le début du confinement.
Un succès tel qu’il est parfois difficile de satisfaire tout le monde. C’est le cas de nombreux maraîchers parmi lesquels l’EARL Les jardins de Purnaud.
Le 9 avril dernier, face à la forte demande des clients avides de légumes frais, un message publié sur la page Facebook du producteur avertissait que les délais de traitement des commandes allaient être rallongés.

On a dû tout réorganiser pour faire un système de panier, au début c'était assez difficile, mais maintenant ça va mieux, on essaie de trouver des points relais pour passer moins de temps en livraison.
- Alexis et David Lévèque, maraîchers

Une rançon du succès qui s’explique facilement : produits locaux, confiance dans les fournisseurs, pas ou très peu de risque vis-à-vis du coronavirus... Le tout sans augmenter les prix des légumes.

"Nous restons au prix que nous pratiquions sur le marché, et la livraison est gratuite. En ces temps difficiles, nous ne profitons pas de la situation. Il faut savoir être solidaire."

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