Homophobie. "Tapette, sale PD, va te faire enculer… Je vais te brûler toi et tes chats !"

En cette journée de visibilité contre les LGBTphobies, nous avons recueilli le témoignage édifiant de Ludovic, 30 ans, victime de harcèlement et d'agression homophobe par ses voisins, à Poitiers.

© Charly Triballeau - AFP
Ce 17 mai est une journée particulière pour la communauté LGBT (Lesbiennes Gay Bi Trans). C'est la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, la biphobie et la transphobie. Historiquement cette date est symbolique pour les personnes homosexuelles. L’homosexualité a été retirée de la liste des maladies mentales de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) le 17 mai 1990.

Même si les mentalités ont tendance à évoluer, un grand nombre d'agressions homophobes perdurent, à deux pas de chez nous.
Ludovic* (30 ans), habite dans une résidence HLM au sud de Poitiers. En 2020, lorsque de débutent les agressions verbales puis physiques, Ludovic ne s'attend pas à une telle violence envers lui de la part de l'un de ses voisins.
A plusieurs reprises il est pris à partie par un voisin (que l'on nommera M.) qui habite juste en dessous de chez lui. Pour rejoindre son domicile, Ludovic doit passer devant son palier de porte. Régulièrement, lorsqu'il croise Ludovic, M. lui crache à la figure ou le bouscule dans le hall ou dans la cage d'escalier, le tout, sous forme d'intimidation malsaine.
Un jour de février 2020, M. rattrape par le bras Ludovic, alors qu'il montait l'escalier afin de rentrer chez lui. L'agression est insidieuse et débute par un crachat à la figure, puis s'enchaine par une série de claques et de coups. Ludovic se protège alors avec ses bras afin d'esquiver les coups. Les injures volent vers Ludovic.

M. (le voisin) : Je vais te mettre mon doigt dans ton cul.
Sa compagne : Non, ne fais pas ça, ça va l'exciter !

Et puis c'est un enchaînement de propos homophobes qui s'en suivent : "tapette, sale PD, va te faire enculer… Je vais te brûler toi et tes chats !" Sans compter les interminables et répétitifs coups de sonnettes à l'interphone, en pleine nuit ou encore des inscriptions "PD" retrouvées dans l'entrée de d'immeuble où habite Ludovic.

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Un malaise permanent

Ludovic décide alors de porter plainte au bureau de police de son quartier. Il dépose alors une plainte pour harcèlement à caractère homophobe. Dans la foulée, il fait appel à l'association Quazar (basée à Angers) qui l'accompagne dans le cadre d'une aide juridique.
Depuis, Ludovic vit avec la boule au ventre et évite le plus possible de sortir de chez lui. Il est suivi médicalement et psychologiquement. Il est sous traitement antidépresseur et anxiolytiques.

Selon un communiqué du ministère de l'Intérieur, en 2019, les forces de police et de gendarmerie ont recensé 1.870 victimes d'infractions à caractère homophobe ou transphobe contre 1.380 en 2018 et 1.040 en 2017. Ces chiffres traduisent une augmentation de +36% du nombre de victimes d'actes anti-LGBT, tendance proche de celle de l'année précédente (+33%). Ces chiffres témoignent de l'ancrage profond de l'homophobie et de la transphobie dans la société. Ce 17 mai, de nombreuses associations de la communauté LGBT ont organisé des opérations de visibilité avec par exemple, l'accrochage du drapeau "Rainbow" aux fenêtres et balcons. Ce drapeau est représentatif de la communauté LGBT. Pour exemple retrouvez des photos de cette opération de visibilité avec le mot clé #AssoContactChallenge.

*Ludovic est un nom d'emprunt.
Quelles sont les peines encourues (et peines maximales) ?
  • La diffamation est punie de 12.000 € d’amende lorsqu’elle est proférée par des discours, cris ou menaces dans des lieux publics, mais aussi lorsqu’elle est diffusée par écrit, dessin ou image. Si le caractère homophobe ou transphobe est retenu, la peine encourue est portée à un an d’emprisonnement et 45.000 € d’amende. La diffamation privée est punie d’une contravention de 38 €. Si le caractère homophobe ou transphobe est retenu, la peine encourue est portée à 1.500 €.
  • L’injure est punie de 12.000 € d’amende lorsqu’elle est proférée par des discours, cris ou menaces dans des lieux publics, mais aussi lorsqu’elle est diffusée par écrit, dessin ou image. Si le caractère homophobe ou transphobe est retenu, la peine encourue est portée à six mois d’emprisonnement et 22.500 € d’amende.
  • Les appels téléphoniques malveillants sont punis d’un an d’emprisonnement et de 150.000 € d’amende.
  • La provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence. La peine encourue est d’un an d’emprisonnement et de 45.000 € d’amende.
(Source : SOS Homophobie)
 
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