Poitiers : comment le festival d'arts de la rue Les Expressifs s'est adapté à la Covid-19

À Poitiers, le festival d'arts de la rue, Les Expressifs, fête cette année ses vingt ans. Mais cette édition d'anniversaire ne ressemble à aucune autre puisqu'il a fallu prendre en compte les exigences sanitaires liées à la pandémie de Covid-19. Le festival se clôturera dimanche 4 octobre.

Le festival des Expressifs se déroule jusqu'au dimanche 4 octobre à Poitiers.
Le festival des Expressifs se déroule jusqu'au dimanche 4 octobre à Poitiers. © Laurent Gautier/ France Télévisions
C'est un pari et une très bonne nouvelle à la fois pour les compagnies d'arts de la rue, privées de représentation pendant tout l'été, mais aussi pour les spectateurs poitevins qui peuvent ainsi renouer avec le plaisir des spectacles gratuits disséminés dans la ville. Pour réussir cette aventure, Poitiers Jeunes et les organisateurs des Expressifs ont dû adapter le mode de fonctionnement aux contraintes sanitaires. Le temps des spectateurs massés au fil des rues et des places pour assister aux représentations et déambulant d'une troupe à l'autre n'est plus, aujourd'hui, qu'un souvenir lointain. 

Un nombre de spectateurs réduit

Cette année pour assister aux différents spectacles gratuits, il faut réserver sa place à l'avance, être masqué bien entendu et respecter les distanciations physiques. Pour les organisateurs, il fallait à tout prix parvenir à réduire la jauge de chaque spectacle afin d'éviter les regroupements trop importants.
Pour Karine Abel, la programmation du festival a été un véritable casse-tête avec, jusqu'au dernier moment, au-dessus de la tête, l'épée de Damoclès d'une possible annulation, notamment quand le département a été classé en rouge pour l'épidémie de coronavirus.

"Cette édition est très spéciale. Il a fallu qu'on revoit complètement tous les codes du festival pour garantir la distanciation physique, le fait d'avoir un nombre réduit de spectateurs et spectatrices par lieu de spectacle. On s'est permis des extras mais on n'a pas convoqué le public qui a une idée assez diffuse des lieux de spectacles.

Karine Abel, programmatrice des Expressifs


En effet, les personnes qui ont réservé leur place ne connaissent l'endroit où va se dérouler la représentation qu'au dernier moment. "On essaye par ce biais de garantir le fait d'avoir le moins possible à gérer des personnes qui viendraient sans avoir réservé." explique Karine Abel.
Autre nouveauté cette année, pour tenter d'espacer au maximum les lieux des spectacles, le festival n'est plus concentré en centre-ville mais il s'étend dans les quartiers comme aux Couronneries et à la commune voisine de Buxerolles.


Une édition exceptionnelle

Des mesures exceptionnelles qui font de cette édition 2020 un festival exceptionnel, tout d'abord parce qu'il est l'un des rares à avoir été maintenu dans la région et même en France malgré la situation sanitaire. Annulation après annulation, les troupes de spectacle de rue n'ont pas -ou très peu- joué cet été. C'est pourquoi jusqu'à dimanche, le public poitevin va avoir la chance d'assister à de nombreuses avant-premières.
"Sur les 18 compagnies accueillies, dix présentent une nouvelle création." se réjouit Karine Abel.

Plus de soixante spectacles sont programmés pendant les quatre jours du festival qui va s'achever ce dimanche 4 octobre. Il reste encore quelques places à réserver auprès de la billeterie.

On peut le faire en ligne sur le site des Expressifs (@lesexpressifs.com ) ou alors en se rendant aux deux points d'accueil :
-En centre-ville, au 23, rue de la Regratterie
-Dans le quartier des Couronneries : avenue John-Kennedu près de l'arrêt de bus Marbourg
Téléphone : 07 51 12 42 64

Nous vous présentons deux compagnies qui vont se produire pendant les Expressifs. Rencontre avec "Les petites lèvres", une formation résolument féministe dénonçant le machisme et les violences faites aux femmes et la comédienne (et fakir) Elodie Meissonnier, de la compagnie "Madam'Kanibal" qui a construit son spectacle autour d'une réflexion sur la place de chacun dans le couple.

Un reportage d'Isabel Hirsch, Laurent Gautier, Damien Dubly et Christophe Pougeas :
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