Poitiers. L'agresseur de la conductrice de bus condamné à six mois de prison avec sursis

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Écrit par L. Gonzalez avec A. Morel

C'est devenu malheureusement une habitude, des faits de violence dans un bus conduisent à des débrayages du personnel en signe de protestation. Pour essayer de comprendre le quotidien des chauffeurs et des clients, l'une de nos équipes est montée dans l'un de ces bus.

Ce jeudi après-midi, l'homme d'une trentaine d'années qui avait agressé une conductrice de bus du réseau Vitalis a été condamné à une peine de six mois de prison avec un sursis probatoire de deux ans, et interdiction de remonter dans un bus pendant cette période.

Des agressions à répétition

Un enchaînement qui peut lasser les usagers, mais il faut dire que l'année 2021 fut particulièrement tendue selon les dirigeants de l'entreprise Vitalis. Cette année ils déplorent onze faits de violences volontaires, sans compter les crachats et les actes de vandalisme.

Il y a deux jours, la police a été appelée car une bande de jeunes était agressifs les uns envers les autres.

Une passagère

Depuis plusieurs mois, les conducteurs et conductrices du réseau Vitalis sont victimes d'agressions en tous genres. Cela va des crachats aux menaces de mort, sans compter les dégradations et vandalisme à bord des véhicules. Ces agressions se concentrent principalement sur le réseau "hyper-urbain".

La Pictavienne est l'une des trois lignes de bus du réseau Vitalis les plus fréquentées. Au volant, nous rencontrons cet après-midi-là, Laurent, chauffeur depuis 32 ans. Il nous raconte que la dernière scène de violence dans son bus date d'il y a deux jours à peine : une bagarre entre des passagers dans son véhicule.

La situation est assez "électrique" et très tendue. Il y a quelques jours, j'ai été menacé. Du coup, on a un peu peur et on essaie de faire profil bas pour apaiser les choses. Heureusement, ce n'est pas tous les jours.

Laurent, chauffeur de bus sur le réseau Vitalis - Poitiers

Un contexte ambiant "tendu"

La crise sanitaire n'est probablement pas étrangère à cette tension envers les personnels du réseau de bus poitevin. Des incivilités régulières créent un sentiment général d'insécurité, aussi bien au niveau des conducteurs que de la clientèle. Ainsi, les forces de l'ordre interviennent régulièrement en raison de rixes entre clients.

On remarque que les principaux faits de violences sont cantonnés à une zone bien particulière du réseau et à un nombre d'individu très faible.

Marc Rejman - Directeur d'exploitation chez Vitalis

25 faits de violences répertoriés en 2021

A ce jour, 25 faits de violences ont été relevés depuis le début de l'année 2021, dont onze faits de violence volontaires. Ces dernières ont été commises par le même individu. Celui-ci a été interpellé au mois de décembre. On relève également six faits d'insultes ou de crachats. Suite aux dernières agressions, Vitalis s'engage à renforcer la sécurité à bord de ses bus et à augmenter le nombre d'agents sur les lignes les plus fréquentées, en espérant que ces effectifs supplémentaires auront un rôle dissuasif.

On a tout un dispositif de prévention qui est déployé. Par exemple on renforce la présence nos vérificateurs de perception (contrôleurs) sur le terrain et dont la présence est dissuasive et renforce le sentiment de sécurité.

Marc Rejman - Directeur d'exploitation chez Vitalis

Le dernier auteur de faits de violence de ce début de semaine était présenté à un juge en comparution immédiate. Il écope de six mois de prison avec sursis probatoire de deux ans et d'une interdiction de fréquenter le réseau des bus poitevins.

Depuis le début de la crise de la Covid, le gens sont en détresse psychologique, voire psychiatrique dans certains cas. Cela déclenche des situations "citoyennes" qui ne sont pas adaptées dans le cadre de la vie de tous les jours.

Mégane Mironneau - Avocate de l'auteur des violences

Pour la partie civile et l'agence de bus Vitalis, cette peine est adaptée.

Cette peine est adaptée à la personnalité de l'auteur des faits. Néanmoins, il n'est pas admissible qu'une personne paralyse toute une ville et des gens qui ont besoin des transports en commun.

Christine Sournies - Avocate de la partie civile et de Vitalis